Oenopia conglobata (Linnaeus, 1758)
Littéralement « La petite boule couleur de vin ». Le Genre Oenopia fait directement référence à la couleur vineuse des espèces de ce groupe tandis que l’espèce conglobata fait référence à sa forme très globuleuse, très convexe.
Position taxonomique :
- Famille : Coccinellidés (Coccinellidae – Latreille, 1807)
- Sous-Famille : Coccinellinae (Latreille, 1807)
- Genre : Oenopia (Mulsant, 1850)
Noms vernaculaires
- Coccinelle joker
- Coccinelle rose
- Coccinelle zigzag
- Coccinelle du peuplier
- Coccinelle des vergers
Comment le reconnaître
- Taille : Entre 3,5 à 5 mm
Bien qu’elle soit petite, la Coccinelle joker possède des signatures visuelles uniques qui permettent de l’identifier au premier coup d’œil.
- La robe (Élytres): c’est son caractère le plus distinctif. Contrairement au rouge vif habituel, ses élytres (ailes rigides) affichent une teinte vineuse, rose pâle, crème ou saumon. Elle porte généralement 16 taches noires rectangulaires ou polygonales. Ces taches sont souvent reliées entre elles par de fines lignes noires, formant parfois un motif de « grille » ou de « damier » irrégulier. La ligne de jonction entre les deux élytres est marquée par une fine bordure noire.
- Le pronotum est particulièrement décoré : Il est de couleur blanchâtre ou jaunâtre. Il présente un motif noir complexe composé de 7 taches qui fusionnent souvent pour dessiner une sorte de « M » ou de couronne étalée.
- La tête est majoritairement noire avec deux petits points blancs entre les yeux.
- Les pattes sont d’un brun clair ou jaunâtre, contrairement à beaucoup d’autres coccinelles qui ont des pattes totalement noires.
- Le ventre de l’insecte est noir avec des bordures claires.
Description
Habitat
La Coccinelle joker n’est pas une « vagabonde » comme la coccinelle à sept points. C’est une spécialiste qui a ses quartiers bien précis. Elle a un faible marqué pour les feuillus qui abritent des colonies de pucerons spécifiques. Vous la trouverez prioritairement sur :
- Le Peuplier et le Saule : C’est son habitat « roi », notamment dans les zones humides ou en bordure de cours d’eau.
- Le Tilleul et l’Érable : Très présente dans les parcs urbains et les allées de villes.
- Le Bouleau et le Frêne : Où elle trouve refuge dans les anfractuosités de l’écorce.
- Les Arbres Fruitiers : Elle est une visiteuse régulière des vergers (pommiers, pruniers), ce qui en fait une alliée précieuse pour les arboriculteurs.
On l’observe fréquemment dans les haies bocagères et les lisières de forêts. Elle apprécie la diversité végétale qui lui garantit une source de nourriture constante du printemps à l’automne.
Répartition
La Coccinelle joker est une espèce paléarctique. En Europe; elle est présente de l’Espagne jusqu’à la Scandinavie (bien que plus rare au grand nord) et s’étend vers l’Europe de l’Est.
Elle est commune sur l’ensemble du territoire métropolitain.
- Dans les plaines et vallées, elle est la plus abondante, où les peupliers et les saules sont nombreux.
- Elle s’adapte bien aux villes, dans les alignements de tilleuls ou de platanes.
- Elle se raréfie dès que l’on dépasse les étages forestiers de feuillus, au-dessus de 1 200 à 1 500 mètres.
Reproduction
La reproduction de la Coccinelle rose est parfaitement synchronisée avec le réveil de la nature.
Dès que les températures dépassent les 12 à 14°C, les adultes sortent de leur léthargie hivernale. C’est le moment des accouplements. Les femelles cherchent alors activement des colonies de pucerons pour y déposer leurs œufs ou à proximité immédiate (sur le revers des feuilles de peupliers ou de fruitiers). Les œufs sont minuscules, de couleur jaune vif, et disposés en petits paquets compacts.
La larve d’Oenopia conglobata est allongée, de couleur grisâtre à noirâtre, avec de petits tubercules sur le corps. Elle est extrêmement mobile et parcourt les feuilles à grande vitesse. Pendant ses deux à trois semaines de croissance, elle dévore des centaines de pucerons, changeant de peau (mues) plusieurs fois avant de se transformer en nymphe immobile.
En France et en Europe tempérée, Oenopia conglobata produit généralement une à deux générations par an.
Le saviez vous ?
Comme beaucoup de coccinelles, les larves d’Oenopia peuvent pratiquer le cannibalisme si la nourriture vient à manquer. Les premières écloses mangent parfois les œufs non encore éclos pour gagner l’énergie nécessaire à leur première chasse.
Crédits
- Photo d’entête : Dominique Sécher
- Description : Dominique Sécher, Wikipedia
- Les carnets Nature de Jessica

Cette coccinelle est vraiment petite mais très jolie. Trouvée dans une haie bocagère du Pallet.