Aglais urticae (Linnaeus, 1758)
Le nom de Genre vient directement du grec ancien Aglaïa qui signifie « Éclatante », « Brillante » ou « Splendeur ». Aglaé est l’une des trois Grâces dans la mythologie grecque. Elle incarne la beauté dans ce qu’elle a de plus rayonnant.
Le nom de l’espèce est le génitif de urtica, qui signifie « ortie ». C’est une référence directe à la plante hôte de l’espèce. Les chenilles de la Petite Tortue se nourrissent quasi exclusivement de la Grande Ortie (Urtica dioica).
Position taxonomique :
- Famille : Nymphalidés (Nymphalidae Rafinesque, 1815)
- Sous-Famille : Nymphalinae (Rafinesque, 1815)
- Genre : Aglais ( Wilhem, 1816)
Noms vernaculaires
- Petite tortue
- Vanesse de l’ortie
Comment le reconnaître
L’adulte ou imago :
- Envergure : 40 à 50 mm
- Le dessus des ailes est de couleur rouge-orangé, bordé d’une bande marginale noire encadrant une série de demi-cercles bleus. L’aire basale comporte une zone brun terne. La côte de l’aile antérieure est bordée de trois taches rectangulaires brun-noir qui alternent avec des taches plus claires, dont les deux du centre sont jauneorangé tandis que la plus proche de l’apex est blanche. Trois autres taches brun-noir, dont la taille et la forme varient selon le spécimen, ornent le centre de l’aile antérieure. Le dessous est jaunâtre et brun.
- Le corps est brun foncé et poilu. Les antennes (claviformes) sont finement striées de blanc et leur extrémité est ornée d’un point blanc. La marge des ailes comporte de petites excroissances pointues, les deux plus prononcées se trouvant près de l’apex de l’aile antérieure et au milieu du bord externe de l’aile postérieure.
La chenille :
- Longueur : jusqu’à 22 mm
- Les jeunes chenilles sont presque noires et leur corps est orné d’excroissances ramifiées (scoli) qui évoquent des épines. Après environ un mois, les chenilles ont pris une couleur dominante plus claire (lignes noires sur fond constitué de 4 bandes jaune verdâtre longitudinales discontinues : deux sur le dos et une sur chaque flanc).
Confusions
La Grande tortue (Nymphalis polychloros) est plus grande, moins contrastée, elle ne possède pas de lunules bleues aux ailes antérieures, les taches costales jaunes sont moins grandes et elle ne possède pas la tache blanche à l’apex des ailes antérieures.
Mais surtout la Grande tortue possède une tache noire dans l’aile post médiane, côté bord interne, que n’a pas la Petite tortue.
Description
Habitat
La Petite tortue se rencontre dans toutes sortes de milieux ouverts naturels et semi naturels : prairies, friches, jardin et parcs urbains, etc. En zone rurale, elle peut être particulièrement commune près des habitations et des pâtures où le sol azoté favorise la croissance des orties. Elle est présente du niveau de la mer jusqu’à plus de 3 000 m d’altitude.
Répartition
- L’aire de répartition de la Petite tortue couvre toute l’Europe et l’Asie tempérées. Elle est notamment présente dans tous les départements de France métropolitaine continentale, bien qu’en très nette régression dans certains départements (en Corse, elle est remplacée par l’endémique cyrno-sarde Aglais ichnusa).
- Autrefois parmi les papillons les plus communs dans toute l’Europe, la Petite tortue a connu un fort et rapide déclin dans les années 2000, au moins en Europe de l’Ouest. Elle ne possède pas de statut de protection en France.
- La Petite tortue n’a pas été revue sur la commune depuis 1996 !
- Les raisons de cette régression sont mal comprises : Elle ne peut pas être expliquée par un recul de sa plante hôte, car l’ortie est au contraire très présente et profite même de l’eutrophisation générale de l’environnement.
- La chrysalide est parfois mangée par des guêpes, mais ces dernières sont aussi en forte régression. D’autres phénomènes encore mal compris (dégradation de l’environnement, pollution de l’air, pluies contaminées par les pesticides) auraient pu entraîner une forte déplétion immunitaire chez les individus de cette espèce.
- Des preuves scientifiques montrent que la sécheresse estivale est une cause de régression des populations car les larves se développent normalement sur les feuilles gorgées d’une sève riche en nitrate, mais les Petites tortues ont été encore plus rares les étés humides de 2007 et 2008. Ce papillon pourrait donc aussi être sensible au réchauffement climatique.
Comportement
- L’espèce est univoltine dans les régions froides de l’ Europe et en altitude, et bi ou trivoltine dans les régions chaudes (au sud de la Loire en France)
- Contrairement à d’autres papillons qui migrent ou pondent des œufs pour l’année suivante, la Petite tortue passe l’hiver adulte en mode « veille ». Elle se cache dans une grange, un tronc creux ou même une maison en attendant le retour du soleil.
- Grâce à son super-pouvoir d’endurance, elle peut résister à des températures glaciales jusque – 20° C.
Plantes hôtes
- La chenille de la Petite tortue se nourrit d’orties, principalement de la Grande ortie (Urtica dioica) et aussi de feuilles d’arbres.
Reproduction
- Les chenilles de la première génération éclosent au mois de mai, environ dix jours après la ponte déposée par la femelle au revers des feuilles d’orties en mars avril. Le cas échéant, les chenilles de seconde génération naissent en juillet août.
- Les jeunes chenilles se rassemblent instinctivement en un groupe dense et elles tissent une toile lâche faite de fils de soie qui les protège. Après environ un mois, les chenilles entament un cycle de vie solitaire, dévorant des feuilles d’orties.
Période de vol
- De mars à octobre, parfois même dès février s’il fait doux.
Le saviez-vous ?
- La Petite tortue est également appelée la Vanesse de l’ortie ou le Petit renard
- Le motif discret du dessous des ailes, évoquant la texture d’une écorce ou de feuilles mortes, permet à ce papillon de se camoufler lorsqu’il hiberne. S’il ouvre brutalement ses ailes, les couleurs vives de la face supérieure semblent contribuer à pouvoir effrayer certains prédateurs (ceci a été expérimentalement confirmé, au moins pour les oiseaux jeunes et/ou inexpérimentés).
- Son nom lui vient de la ressemblance avec un matériau de luxe fabriqué à base d’écailles d’une tortue marine appelée la Tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata). Et petite tortue car il existe un papillon nommé Grande tortue.
Contributions
En vidéo
Crédits
- Photo d’entête : Image par Kalahari de Pixabay
- Vidéo : YouTube, Zoon
- Description:
