Rutilus rutilus (Linnaeus, 1758)
Son nom latin (rutilus – rouge éclatant) évoque probablement la couleur de ses nageoires, voire le rouge aux reflets métalliques de son œil.
Position taxonomique :
- Ordre : Cypriniformes (Cypriniformes – Bleeker, 1859)
- Famille : Cyprinidés (Cyprinidae – Rafinesque, 1815)
- Genre : Gardon (Rutilus – Linnaeus, 1758)
Noms vernaculaires
- Rousse (dans l’est de la France)
- Roche (dans le nord de la France)
Comment le reconnaître
- Taille 10 à 30 cm – Poids 100 à 300g. Exceptionnellement 45 à 50 cm pour 1 à 2 kg.
- Le Gardon a les nageoires d’un beau rouge. Son oeil également rouge a des reflets métalliques.
- Le Gardon a une forme hydrodynamique, il est 4 fois plus long que large. Vue de profil, sa nageoire dorsale et ses nageoires pelviennes sont sur le même axe vertical. Ces critères permettent de le distinguer des autres cyprinidés et notamment du Rotengle. Cependant les hybrides peuvent être difficilement identifiables.
Confusions
- Le Rotengle a la bouche dirigée vers le haut tandis que le gardon a la bouche plutôt vers le bas.
Description
Habitat
Le Gardon est réputé préférer vivre dans les parties profondes et il apprécie les herbiers dans des fonds de 2 à 3 mètres où il est à l’abri des prédateurs.
Répartition
Le Gardon vit en Europe et en Asie occidentale. On le trouve un peu partout en France, et notamment dans les rivières de notre commune, la Sèvre et la Sanguèze.
Alimentation
Les alevins et les tout jeunes gardons se nourrissent de zooplancton. Plus tard, ils passent à un régime fait de petites proies telles que des mollusques, des larves d’insectes, des insectes tombés à l’eau (chenilles, vers) alors prélevés en surface.
Le Gardon varie son alimentation selon la saison et la disponibilité de la nourriture du milieu, par exemple en prélevant des mousses ou des algues. Il broute celles-ci sur les troncs et les branches ou les pierres immergées.
Reproduction
Le Gardon est ovipare. Il dépose ses œufs dans la végétation. Le frai a normalement lieu en avril ou mai dans une eau à au moins 12°C, le plus souvent lors de journées ensoleillées. Les mâles présentent alors une livrée nuptiale caractérisée par de petits tubercules de frai gris blanc sur la tête et le dos. La femelle pond 150 000 à 300 000 œufs sur des plantes ou des branches immergées, dans lesquelles les mâles forment des bancs. Les œufs, naturellement collants au substrat, sont alors fertilisés par les mâles. Selon la température, les œufs de couleur crème éclosent au bout de 4 à 10 jours. Les alevins grandissent moins vite dans l’eau froide mais rattrapent souvent leur retard de croissance à l’âge adulte. Le jeune mâle atteint sa maturité sexuelle vers 2 à 3 ans tandis que la femelle a besoin de 3 à 4 ans. Sa vitesse de croissance est variable mais les reproducteurs mesurent généralement plus de 19 cm.
Comportement
Le Gardon est un poisson grégaire qui vit parfois en groupes importants mais presque toujours composés d’individus de la même taille. Ces bancs deviennent plus denses, plus vifs et plus nerveux en présence de prédateurs.
Il n’effectue que de courts déplacements sur son territoire et on ne le considère donc pas comme un migrateur.
En saison froide, il se déplace vers des eaux plus profondes où il vit en bancs parfois denses et composés jusqu’à plusieurs centaines d’individus.
Statut et menaces
Le gardon est classé comme espèce à « préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge des espèces menacées en France métropolitaine (UICN, juillet 2019).
Le Gardon est un poisson rustique et prolifique qui n’est pas globalement menacé. Il dispose comme certaines autres espèces de protéines spécifiques (métallothionéines) qui ont un rôle de détoxication des métaux lourds et d’autres toxines comme certains pesticides. Il reste cependant vulnérable aux fortes pollutions qui affaiblissent leur système immunitaire, le rendant plus sensible aux maladies.
Le Gardon est la proie favorite des brochets, sandres, silures et autres carnassiers.
Le saviez-vous
Comme tous les poissons, le Gardon possède un organe mécano sensoriel appelé la « ligne latérale ». Elle se présente sous la forme d’une ligne continue ou non, parcourant les flancs de l’animal. Cette ligne détecte notamment les forces d’écoulement ce qui permet au poisson de ressentir les variations hydrodynamiques de leur environnement immobile proche (fond, rochers, branches). Cet organe permet également aux poissons prédateurs de détecter les mouvements de leurs proies et inversement aux proies de détecter leurs prédateurs. Cette détection consiste en l’interprétation de la signature des turbulences laissées dans leur sillage.
En vidéo
Crédits
- Image d’entête : © CC Dunbar P. – Opsn.
- Description : Patrice Ripoche, Wikipedia et Opsn.
- Vidéo : Youtube, France-Animaux
