Veronica persica (poir., 1808)

Le nom du Genre est dédié à Sainte Véronique. Selon la tradition chrétienne, cette femme aurait essuyé le visage du Christ avec un linge lors de la montée au Calvaire, et l’image de son visage y serait restée miraculeusement imprimée.

On dit que les motifs délicats au cœur de la fleur rappelleraient les traits d’un visage ou les marques du linge sacré.

Le terme persica signifie tout simplement « de Perse » (l’actuel Iran).

Position taxonomique ;

  • Ordre : Plantaginales (Plantaginales – Lindl., 1833)
  • Famille : Plantaginacées (Plantaginaceae – Juss., 1789)
  • Genre : Véronique (Veronica – L., 1753)

Noms vernaculaires

  • Véronique commune

Comment le reconnaître

Voici les 4 critères clés à observer.

La Fleur est son signe le plus distinctif. Elle est d’un bleu clair très lumineux, strié de lignes plus foncées. Le centre de la fleur est blanc pur. Elle possède 4 pétales de tailles inégales (le pétale inférieur est souvent plus étroit et plus pâle). Elle présente deux petites antennes (étamines) qui dépassent nettement du centre.

Le Feuillage est crénelé et poilu. Les feuilles sont ovales, presque en forme de cœur à la base. Elles sont fortement dentées (crénelées) et sont recouvertes de poils fins, ce qui leur donne un aspect mat et doux au toucher.

Le Port : La plante ne se tient pas droite. Elle est rampante. Ses tiges s’étalent sur le sol et peuvent mesurer de 10 à 40 cm. Seule l’extrémité de la tige se redresse pour présenter les fleurs au soleil.

Le Fruit : Lorsque la fleur est tombée, observez le fruit (la capsule). Il ressemble à deux petits lobes accolés, formant une forme de cœur inversé. Il est nettement plus large que long et poilu sur les bords.

Port de la Véronique de Perse.
Port 1
Port Veronica persica
Port 2
Véronique de Perse. Fleur
Fleur 1
Fleur de Veronica persica
Fleur 2
Feuille de Veronica persica
Feuille
Fruit de Véronique de Perse
Fruit

Confusions

La Véronique de Perse peut être confondue avec d’autre Véronique comme la Véronique petit-chêne mais cette dernière est une vivace des lisières et des prairies alors que Veronica persica est une annuelle des milieux cultivés. La Véronique petit-chêne a des feuilles sessiles et des fleurs en grappes.

Elle peut être confondue avec la Véronique des champs qui a des fleurs plus petites (2 à 3 mm au lieu de 8 à 12 mm) et sans pédoncule.

Description

Habitat

La Véronique de Perse est ce qu’on appelle une plante anthropophile. Contrairement à sa cousine la « Petit-chêne » qui préfère les lisières de bois sauvages, Veronica persica s’installe là où la terre a été remuée.

Elle adore les terres cultivées, riches en azote et régulièrement retournées. Elle profite du travail du jardinier pour s’installer rapidement avant les légumes. On la retrouve massivement dans les champs de céréales ou de colza après la moisson.

Elle s’invite très souvent dans les gazons, surtout s’ils sont un peu clairsemés ou tondus ras. Comme elle est rampante, elle passe souvent sous les lames de la tondeuse sans être coupée, ce qui lui permet de fleurir même dans un jardin très entretenu.

Elle est très résistante à la pollution urbaine. Vous la trouverez au pied des murs de ville, dans les fissures des trottoirs, sur les bords de chemins et les talus routiers.

En botanique, la Véronique de Perse est une excellente bio-indicatrice. Sa présence en grand nombre indique un sol riche en nutriments. Elle signale une terre fertile, bien pourvue en matières organiques (humus). Elle indique un sol azoté, issu de fertilisants ou de la décomposition naturelle. Elle redoute les sécheresses extrêmes et préfère les sols frais durant le printemps.

Répartition

La Véronique de Perse est présente dans la quasi-totalité des pays européens, de l’Espagne à la Pologne et de la Grèce à la Scandinavie (bien qu’elle se raréfie dans les zones arctiques). Originaire du Caucase et d’Asie Mineure, elle a été introduite accidentellement au début du XIXe siècle via les jardins botaniques. Sa première mention « sauvage » en France date des environs de 1810-1820.

Elle est considérée comme très commune sur l’ensemble du territoire français métropolitain (y compris en Corse). On la trouve du niveau de la mer jusqu’à environ 1 600 mètres d’altitude. Au-delà, le climat montagnard devient trop rude pour son cycle annuel. C’est une plante naturalisée. Elle n’est pas originaire de France, mais elle s’y reproduit désormais seule sans aide humaine depuis plus de deux siècles.

Une ressource pour la Faune locale

Tout comme la Ficaire, La Véronique de Perse est une plante mellifère de première importance pour le début de saison. Elle attire les Osmies (Abeilles maçonnes), les Halictes (toutes petites abeilles souvent solitaires), mais aussi l’Abeille domestique (Apis mellifera) : si une ruche est proche et qu’il fait plus de 10-12°C, elles n’hésiteront pas à butiner ces tapis bleus. Elle attire également les syrphes et les Bombyles.

Certains papillons qui hivernent à l’état adulte (comme le Citron ou le Paon du jour) cherchent désespérément du sucre dès les premiers rayons de soleil de mars. La Véronique de Perse est souvent leur premier « bar à nectar ».

Menaces

La Véronique de Perse ne figure sur aucune liste rouge d’espèces menacées (UICN). Au contraire, sa population est stable, voire en expansion.

Bien qu’elle se propage très vite, elle est considérée comme une adventice (une plante qui s’invite) plutôt que comme une plante exotique envahissante (EEE) nuisible.

Elle ne remplace pas massivement les espèces locales dans les milieux sauvages ; elle préfère occuper les espaces « vides » créés par l’homme (champs, jardins).

Le saviez-vous ?

Si le temps est trop froid ou pluvieux et qu’aucun insecte ne pointe le bout de ses antennes, la fleur est capable de s’autoféconder. C’est ce qui explique pourquoi elle produit autant de graines, même lors d’hivers rigoureux !

En vidéo

Contributions

Dominique SECHER. Photos prises au Pallet.

Crédits

Photos :

Vidéo : YouTube, Tela-botanica

Comment le reconnaître et Description :

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.