Aricia agestis (Denis & Schiffermüller, 1775)
Selon Emmet, Aricia est le nom d’une ancienne ville du Latium où se trouvait un bois sacré et un temple de Diane. Mais Aricie est aussi le nom d’une princesse athénienne qui épousa Hippolyte, un prince réssuscité par Asclépios et transporté en Italie par Artémis audit sanctuaire d’Aricia.
Pour le nom d’espèce agestis, Emmet (1991) suggère une corruption d’Argestes, dieu d’un vent du nord-ouest, fils d’Aurore et d’Astrée, citée dans la théogonie d’Hésiode.
Position taxonomique :
- Famille : Lycénidés – Lycaenidae (Leach, 1815)
- Sous Famille : Polyommatinae (Swainson, 1827)
- Genre : Aricia (Reichenbach, 1817)
Noms vernaculaires :
Le nom français Collier-de-corail fait allusion à un collier de corail rouge lorsque le papillon plaque ses ailes, découvrant un pourtour de taches rouges.
Son autre nom français, l’Argus brun est donné par opposition à la couleur bleue des autres Argus mâles.
Son nom anglais est « Brown argus ».
Comment le reconnaître
L’adulte
Envergure : 22 à 28 mm
- Le dessus des quatre ailes affiche une couleur brun chocolat très sombre et uniforme chez le mâle comme chez la femelle. Sa signature visuelle réside dans sa bordure complète et régulière de lunules orange vif (ou rouge orangé) disposées en « collier » sur l’envers et l’endroit des ailes. Le dessous des ailes présente un fond grisâtre chez le mâle et brun ocre chez la femelle, constellé de points noirs auréolés de blanc. Les ailes de la femelle sont généralement plus arrondies et arborent des lunules orange plus développées.
La Chenille
Longueur : jusqu’à 11 mm
Trapue, poilue et de forme légèrement « cloporte », la chenille du Collier-de-corail est de couleur vert pâle avec une ligne dorsale pourpre ou rosâtre et des bandes latérales de la même nuance.
Confusions
Le Collier-de-corail peut aisément être confondu avec les femelles des autres lycènes. Cependant, les deux sexes possèdent une tache noire non entourée de blanc sur l’aile antérieure et un triangle blanc sur la face ventrale des ailes postérieures.
Description
Habitat
Le Collier-de-corail affectionne particulièrement les prés-marais, les prairies méso-hygrophiles, les pâtures et les coteaux secs, les dunes, les chaumes, les jachères, les friches post-culturales et les terrains vagues, les bermes de champs et de chemins, les bords de routes, les anciennes carrières, les jardins et vergers, les landes, les allées et clairières forestières, sur substrats variés, notamment sablonneux.
Répartition
Le Collier-de-corail est répartit en Afrique du nord, en Europe, en Anatolie, au Proche-Orient et jusqu’à la Sibérie et l’Amour.
En Europe, il est largement distribué à travers l’Europe centrale et méridionale, absent uniquement des zones les plus septentrionales (Scandinavie du Nord).
En France, il est commun dans la quasi-totalité des départements métropolitains, notamment en Loire-Atlantique.
Comportement
Le Collier-de-corail est un papillon héliophile avec un vol au ras du sol. Pendant les heures les plus chaudes de l’été, on peut l’observer posé en groupe sur les hautes graminées ou les lisières ombragées. Il passe la nuit et les périodes de pluie la tête orientée vers le bas, accroché aux tiges de végétation sèche.
Plantes hôtes
Les chenilles du Collier-de-corail se nourrissent de différentes espèces de géraniacées telles que Erodium cicutarium, Geranium dissectum, G. rotundifolium, G. molle.
Reproduction
Les œufs sont pondus isolément par la femelle sur la face supérieure des feuilles de la plante hôte. Après une incubation d’une semaine, les chenilles éclosent et entament leur développement. L’espèce est connue pour pratiquer la myrmécophilie : ses chenilles sécrètent des substances sucrées qui attirent les fourmis (notamment des genres Lasius ou Myrmica), lesquelles assurent en retour leur protection contre les prédateurs. La métamorphose en chrysalide s’effectue directement dans la litière au sol.
Période de vol
Le Collier-de-corail est trivoltin. La première génération vole de fin avril à mi-juin. La deuxième génération vole de fin juin à mi-août et la troisième de mi-août à début octobre. Une quatrième émergence peut apparaître exceptionnellement en octobre. Cette dernière pourrait s’intensifier avec le réchauffement climatique.
Statut et menaces
Le Collier-de-corail est classé en « Préoccupation mineure » (LC) sur les listes rouges nationale et des Pays de la Loire.
Aucune inquiétude n’est à relever sue cette espèce à qui les conditions climatiques conviennent parfaitement.
Le saviez-vous ?
En Angleterre, l’aire de répartition du Collier-de-corail s »est considérablement étendue vers le nord en 20 ans, à la faveur du réchauffement climatique. Cette expansion s’est accompagnée d’une utilisation plus fréquente des géraniums comme plantes hôtes larvaires (PHL) à la place des hélianthèmes.
En vidéo
Crédits
- Rédaction : Philippe Favreau et Dominique Sécher
- Photo d’entête : Slimguy – Own work, CC BY-SA 4.0
- Photo mâle : Wikimedia Commons par Charles J. Sharp – Own work, from Sharp Photography, sharpphotography, CC BY-SA 4.0
- Photo femelle : Wikimedia Commons par Smudge 9000 from North Kent Coast, England – Brown argus butterfly male (Aricia agestis), CC BY-SA 2.0
- Sources et autres liens :
- Biohistoire des papillons
- Biohistoire des papillons, 2ème état des lieux
- Les carnets nature de Jessica
- Papillons de jour d’Europe occidentale
- wikipedia
