Melolontha melolontha (Linnaeus, 1758)

Le nom de Genre Melolontha provient du grec ancien melolonthe, un terme utilisé par Aristote pour désigner un insecte volant (probablement un coléoptère doré ou un hanneton). Le redoublement de l’épithète spécifique (Melolontha melolontha) souligne qu’il s’agit de l’espèce type, la plus représentative du groupe.

Position taxonomique :

  • Famille : Scarabées – Scarabaeidae (Latreille, 1802)
  • Sous-Famille : Hannetons – Melolonthinae (Leach, 1819)
  • Genre : Melolontha (Fabricius, 1775)

Noms vernaculaires

  • Hanneton commun
  • Hanneton de mai
  • Scarabée de mai
  • « Ver blanc » pour la larve

Comment le reconnaître

Le Hanneton commun est un coléoptère massif mesurant entre 25 et 30 mm. Ses caractéristiques principales sont :

  • Élytres : De couleur brun-marron, avec des côtes longitudinales marquées.
  • Abdomen : Les côtés de l’abdomen présentent une série de taches triangulaires blanches très caractéristiques.
  • Antennes : Elles se terminent par des feuillets (lamelles) qui forment une sorte d’éventail. Le mâle en possède 7 plus longs, la femelle 6 plus courts.
  • pygidium : L’extrémité de l’abdomen est prolongée par une pointe (le pygidium), qui est longue et effilée chez cette espèce.

La larve de hanneton commun est blanchâtre complètement arquée, de consistance molle, avec une tache noire à l’extrémité de l’abdomen.

Confusions

On peut facilement le confondre avec ses cousins proches :

  • Le Hanneton forestier (Melolontha hippocastani) : Plus petit, son pygidium est court et se termine par un petit bouton arrondi.

  • Le Hanneton de la Saint-Jean (Amphimallon solstitiale) : Plus petit (15-20 mm), plus poilu, il apparaît plus tard dans la saison (juin/juillet).

La larve du Hanneton commun est parfois confondue avec la larve de la Cétoine dorée. La larve de Cétoine a une petite tête, des pattes courtes, et une extrémité d’abdomen large, alors que la larve de hanneton a une grosse tête, de longues pattes et une extrémité d’abdomen assez fine. De plus, leurs couleurs diffèrent. Il est important de distinguer ces deux espèces au stade larvaire car les larves de hannetons se nourrissent de racines et peuvent être « nuisibles » aux cultures, alors que les larves de cétoine se nourrissent de déchets végétaux et ne posent aucun problème.

Description

Habitat

On trouve le Hanneton commun dans les milieux ouverts et semi-ouverts : lisières de forêts, vergers, jardins, parcs et prairies. La présence d’arbres feuillus est essentielle pour les adultes, tandis que les larves ont besoin de sols meubles pour se développer.

Répartition

Le Hanneton commun est largement réparti dans presque toute l’Europe, absente du nord et de l’extrême sud. En France, il est présent sur l’ensemble du territoire.

C’est donc un insecte commun, bien présent au Pallet, mais ses populations sont cycliques et on observe depuis longtemps les fameuses « années à hannetons« .

Comportement

L’adulte est essentiellement crépusculaire. Son vol est lourd et bruyant, souvent attiré par les sources de lumière. La larve, surnommée « ver blanc », vit dans le sol pendant trois ans, se nourrissant de racines.

Reproduction

Le cycle de vie du Hanneton commun est l’un des plus fascinants du monde des coléoptères, non seulement par sa durée, mais aussi par sa précision quasi horlogère. Il se déroule sur une période de 3 à 4 ans, dont l’immense majorité se passe dans l’obscurité totale du sol.

1. L’œuf : Tout commence au printemps, après le vol nuptial. La femelle s’enterre dans une terre meuble et fraîche pour pondre par paquets de 20 à 30 œufs. Elle peut répéter l’opération deux ou trois fois avant de mourir. Les œufs sont de petites sphères blanchâtres qui éclosent au bout de 4 à 6 semaines.

2. La Larve (Le « Ver Blanc ») : C’est la phase la plus longue (environ 3 ans). On la reconnaît à sa forme en « C », sa tête rousse et son corps blanc laiteux.

  • La 1ère année, les jeunes larves se nourrissent de débris végétaux et de radicelles. Elles restent assez proches de la surface. À l’approche de l’hiver, elles s’enfoncent profondément dans le sol (jusqu’à 60 cm) pour se protéger du gel.
  • La 2ème année, au printemps, elles remontent. C’est l’année où elles sont les plus voraces, s’attaquant aux racines de graminées, de légumes et même de jeunes arbustes. À l’automne, deuxième descente en profondeur pour l’hibernation.
  • La 3ème année, elles terminent leur croissance au printemps. À ce stade, elles sont massives et ont accumulé assez de réserves pour leur transformation finale.

3. La Nymphose : À la fin du troisième été, la larve ne se nourrit plus. Elle se confectionne une loge ovale en terre, à environ 30-50 cm de profondeur. C’est là qu’elle se transforme en nymphe. Durant quelques semaines, l’insecte se réorganise totalement : les ailes, les pattes et les antennes se forment.

4. L’imago : L’adulte (l’imago) sort de sa nymphe dès l’automne, mais — et c’est là le point crucial — il ne sort pas de terre immédiatement. Il reste au repos dans sa loge tout l’hiver, attendant le signal thermique du printemps suivant.

En avril ou mai de la quatrième année, dès que le sol se réchauffe suffisamment, le hanneton creuse son chemin vers la surface. C’est l’émergence.

  • Mission : Se nourrir de feuilles d’arbres pour maturer ses organes reproducteurs, trouver un partenaire, et assurer la génération suivante.
  • Durée de vie : Cette phase aérienne, la seule que nous voyons dans nos jardins, ne dure qu’environ 4 à 6 semaines.

La période de vol s’étend généralement d’avril à juin, avec un pic d’activité marqué en mai.

Plantes hôtes

  • Adultes : Se nourrissent du feuillage de divers feuillus (chênes, hêtres, érables, arbres fruitiers).

  • Larves : Racines de graminées, de plantes potagères (salades, fraisiers) ou de jeunes arbres.

Statut et menaces

Le Hanneton commun n’est pas une espèce protégée par la loi. Sur les Listes Rouges (LR) nationale et régionale (Pays de la Loire), son statut est généralement classé en LC (Préoccupation mineure) ou NE (Non Évalué). Bien qu’il ne soit pas considéré comme menacé de disparition à court terme, son statut de « commun » est à nuancer : les populations actuelles n’ont plus rien à voir avec les densités historiques décrites avant les années 1950.

Menaces : Historiquement, le hanneton a été la cible de campagnes d’éradication massives (utilisation intensive de DDT et autres insecticides de synthèse) en raison des dégâts causés par les larves aux cultures. Aujourd’hui, les principales menaces qui pèsent sur lui sont :

  • L’usage des pesticides : L’usage généralisé d’insecticides dans l’agriculture intensive et, dans une moindre mesure, dans les jardins privés, reste le premier facteur de déclin.
  • La destruction des habitats : La disparition des haies (bocage), le retournement des vieilles prairies permanentes (où les larves se développent sans être dérangées) et l’urbanisation réduisent ses zones de ponte et de vie larvaire.
  • Le travail du sol : Les labours profonds et fréquents détruisent mécaniquement les larves et les nymphes fragiles installées dans leurs loges souterraines

Bien qu’il semble faire un retour discret dans certains jardins, il reste un témoin de la pression chimique que nous avons exercée sur nos paysages ruraux.

Le saviez vous ?

Le Hanneton a longtemps été une source de protéines ! Jusqu’au XIXe siècle, on préparait en France et en Allemagne une soupe de hannetons. On disait qu’elle avait un goût de noisette ou de châtaigne. Un journal allemand rapportait même en 1844 que certains restaurateurs en servaient comme délice saisonnier, après avoir retiré les ailes et les pattes des insectes. Cette pratique apparait dans plusieurs récits locaux et des archives agronomiques du XVIIIème siècle.

En vidéo

Contributions

Patrice Ripoche. Photos prises au Pallet.
Dominique Sécher. Photos prises au Pallet.

Crédits

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