Symphytum officinale (L., 1753)
Le nom de Genre Symphytum provient du grec ancien symphytos, qui signifie « unir, fusionner, cicatriser ». Cela fait directement référence à la réputation ancestrale de la plante pour consolider les fractures osseuses et guérir les blessures.
L’épithète spécifique officinale dérive du latin officina (la boutique, l’officine), indiquant son utilisation historique de longue date par les apothicaires et les médecins.
Position taxonomique :
- Ordre : Boraginales (Juss. ex Bercht. & J.Presl 1820)
- Famille : Boraginacées – Boraginaceae (Juss., 1789)
- Genre : Symphytum (L., 1753)
Noms vernaculaires
- Consoude officinale
- Grande consoude
- Herbe aux charpentiers
- Oreille d’âne (en raison de la forme et de la texture de ses feuilles)
- Langue de vache
- Herbe aux coupures.
Comment le reconnaître
La grande consoude est une plante vivace robuste, dressée, pouvant atteindre 60 cm à 1,20 mètre de hauteur. Les principaux éléments de reconnaissance sont les suivants :
- Feuilles : Les feuilles inférieures sont grandes, lancéolées, munies d’un pétiole. Les feuilles supérieures sont alternes et sessiles. Toute la plante est recouverte de poils rudes et rigides qui la rendent très rugueuse au toucher.
- Fleurs : Regroupées en cymes scorpioïdes au sommet des tiges. Les fleurs ont une corolle en forme de clochette allongée. Leur couleur est variable : violettes, pourpres, roses, ou d’un blanc crème jaunâtre.
- Tiges : Fortement ramifiées, épaisses et surtout décurrentes, c’est-à-dire que la base des feuilles se prolonge le long de la tige sous forme d’ailes foliaires poilues.
- Racines : Elle possède une racine pivotante très développée, charnue, noire à l’extérieur et blanche à l’intérieur, capable de puiser les nutriments très loin dans le sous-sol.
Confusions
Le principal risque de confusion (qui peut s’avérer dramatique) a lieu au printemps avant la floraison, lorsque la plante n’est qu’au stade de rosette de feuilles :
La Digitale pourpre (Digitalis purpurea) : Ses feuilles sont également grandes, mais elles sont douces et veloutées au toucher (duveteuses), alors que celles de la consoude sont rudes et piquantes. De plus, les feuilles de la digitale n’ont pas de prolongement ailé sur la tige. Attention ! La digitale est hautement toxique.
Lors de la floraison, on peut aussi la confondre avec une autre consoude :
- La Consoude tubéreuse (Symphytum tuberosum) : Très présente localement dans les sous-bois frais et les lisières. Elle est beaucoup plus petite que la consoude officinale (elle dépasse rarement 20 à 40 cm). Ses feuilles supérieures ne se prolongent pas (ou alors très peu) sur la tige sous forme d’ailes. De plus, ses fleurs sont d’un jaune pâle/crème constant, alors que la consoude officinale a le plus souvent des fleurs teintées de violet ou de rose (même s’il existe des formes blanches). Enfin, comme son nom l’indique, elle possède un rhizome horizontal tubéreux (renflé), contrairement à la grosse racine pivotante noire de l’officinale.
Description
Habitat
La consoude officinale affectionne particulièrement les milieux humides, riches en nutriments et en matières organiques (plante nitrophile). On la rencontre fréquemment dans les prairies humides, les fossés, les berges des cours d’eau, les lisières de forêts fraîches et les zones rudérales.
Répartition
La Grande consoude est présente dans la majeure partie de l’Europe, des îles Britanniques jusqu’à la Russie, bien que plus rare dans les régions purement méditerranéennes.
En France, elle est commune sur l’ensemble du territoire national, à l’exception de la plaine méditerranéenne et de la Corse où elle se fait très rare.
Elle est bien représentée dans le département de Loire-Atlantique, notamment le long des cours d’eau (bassin de la Loire, de la Sèvre Nantaise), dans les zones de marais et les prairies alluviales fraîches.
Utilisation
Au potager : C’est une plante dynamique accumulatrice. Grâce à sa racine profonde, elle remonte les minéraux du sous-sol, notamment le potassium, le magnésium et le calcium. Son purin constitue un engrais naturel exceptionnel pour stimuler la floraison et la fructification des légumes-fruits. Ses feuilles fraîches sont aussi utilisées en paillage ou comme activateur de compost.
Médicinal (usage externe uniquement) : Contient de l’allantoïne, qui accélère la formation des cellules et la cicatrisation. Utilisée en cataplasme contre les entorses, les ecchymoses et les petites brûlures.
Toxicité (usage interne à proscrire) : Bien qu’autrefois consommée, la consoude contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques, toxiques pour le foie (hépatotoxiques) à forte dose ou en usage régulier. Sa consommation alimentaire est aujourd’hui fortement déconseillée.
Une ressource pour la Faune locale
Ses fleurs en clochettes sont une source majeure de nectar et de pollen pour les insectes pollinisateurs au printemps. Les bourdons adorent ses fleurs, bien que certains « trichent » en perçant la base de la corolle pour accéder directement au nectar sans polliniser la plante. Le Bourdon terrestre (langue courte), notamment, percute la base de la fleur avec ses mandibules pour y faire un trou et aspirer le nectar par l’extérieur. L’Anthophore à pattes poilues (Anthophora plumipes), très commune dans le Vignoble nantais dès le mois de mars/avril, ressemble à un petit bourdon rapide comme l’éclair. Elle possède une longue trompe parfaitement adaptée à la forme tubulaire des fleurs de Boraginacées.
Elle sert également de plante-hôte ou d’abri pour plusieurs espèces de lépidoptères locaux. On citera par exemple :
- L’Écaille martre (Arctia caja) : Ce magnifique papillon de nuit (aux ailes antérieures brunes et blanches et ailes postérieures orange vif tachetées de bleu) est de plus en plus localisé. Sa chenille, très velue (« l’ours hérisson »), est polyphage mais apprécie tout particulièrement les feuilles épaisses et rugueuses de la consoude dans les milieux frais et les fossés humides du département.
- Le Sphinx du rhomboïde (Proserpinus proserpina) : (À noter pour sa valeur patrimoniale) Ce petit sphinx vert, protégé au niveau européen et présent dans les vallées humides de la Loire-Atlantique (bords de Sèvre, marais), utilise les plantes de zones humides. Si ses hôtes favoris sont les épilobes, ses chenilles acceptent et consomment parfois la consoude en milieu très frais.
Menaces
Statut de conservation : Classée en « Préoccupation mineure » (LC) sur les listes rouges nationale et régionale, la Consoude officinale n’est globalement pas menacée.
Menaces : Ses populations locales peuvent souffrir de la destruction ou du drainage des zones humides, du calibrage excessif des fossés et du gyrobroyage systématique des berges avant sa fructification.
Le saviez-vous ?
Certains bourdons ont la langue trop courte pour atteindre le nectar caché au fond des longues fleurs de la Consoude officinale. Pour contourner le problème, ils percent un petit trou avec leurs pièces buccales directement à la base de la clochette. On appelle cela le « vol de nectar » ! D’autres insectes, comme les abeilles domestiques, profitent ensuite de cette ouverture pour se servir à leur tour.
En vidéo
Crédits
Description générale de l’article et photos : Dominique Sécher.
Vidéo : YouTube, ici
Principales sources d’informations :
