Agrimonia eupatoria (L., 1753)

Le nom de Genre Agrimonia est une déformation du grec argemone, terme désignant historiquement une plante soignant les affections oculaires (argema signifie « ulcère de l’œil »).

Le nom de l’espèce eupatoria rend hommage à Mithridate VI Eupator, roi du Pont (132-63 av. J.-C.), réputé pour sa connaissance approfondie des plantes médicinales et des contre-poisons.

Position taxonomique :

  • Ordre : Rosales – Rosales (Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820)
  • Famille : Rosacées – Rosaceae (Juss., 1789)
  • Genre : Aigremoine – Agrimonia (L., 1753)

Noms vernaculaires

  • Aigremoine eupatoire
  • Aigremoine commune
  • Eupatoire des anciens
  • Herbe de Saint-Guillaume
  • Thé des bois
  • Francormier
  • Herbe de Sainte-Madeleine.

Comment le reconnaître

  • Port : Plante vivace dressée, velue, mesurant de 30 à 80 cm de hauteur.

  • Tige : Simple, couverte de poils longs et étalés.

  • Feuilles : Disposées en rosette à la base puis alternes, pennatiséquées (découpées en 5 à 9 folioles principales dentées, intercalées de folioles plus petites). Elles dégagent une odeur désagréable ou légèrement aromatique au froissement.

  • Fleurs : Petites fleurs jaunes à 5 pétales, réunies en un long épi terminal étroit.

  • Fruits : Répandus sous forme de réceptacles coniques, creusés de sillons et couronnés de crochets (akènes) qui s’accrochent aux poils des animaux ou aux vêtements, permettant ainsi l’épizoochorie.

Aigremoine eupatoire - Port
Port
Aigremoine eupatoire - Fleur
Fleur
Aigremoine eupatoire - Tige
Tige
Aigremoine eupatoire - Feuille 1
Feuille
Aigremoine eupatoire - Feuille 2
Feuille (revers)
Aigremoine eupatoire - Fruit
Fruit

Confusions

D’autres espèces d’Agrimonia peuvent être confondues :

  • Agrimonia procera (Aigremoine odorante) : Très similaire, mais ses fruits sont entièrement sillonnés (les crochets inférieurs sont réfléchis vers le bas) et la plante dégage une odeur très agréable et citronnée.

  • Agrimonia agrimonioides (Aigremoine faux-fraisier) : Espèce beaucoup plus rare et de petite taille, dont l’inflorescence comporte peu de fleurs.

Description

Habitat

L’Aigremoine eupatoire affectionne les milieux héliophiles à semi-ombragés sur sols neutres à calcaires : lisières forestières, haies, bords de routes et de chemins, friches, prairies sèches et talus.

Répartition

  • L’Aigremoine eupatoire est très commune dans toute l’Europe jusqu’en Asie occidentale et en Afrique du Nord.

  • France : Présente sur l’ensemble du territoire métropolitain, du littoral jusqu’à l’étage montagnard.

  • Loire-Atlantique : Plante courante et bien répartie sur tout le département et notamment au Pallet (bords de routes, haies du bocage, friches thermophiles).

Utilisation

  • Usage médicinal : Connue depuis l’Antiquité, l’Aigremoine eupatoire est une plante astringente et anti-inflammatoire reconnue grâce à sa richesse en tanins et en flavonoïdes. Utilisée en infusion ou gargarisme contre les maux de gorge, les enrouements et les légers troubles digestifs (diarrhées légères).

  • Toxicité : Aucune toxicité notable aux doses physiologiques. En raison de sa teneur en tanins, un usage prolongé à forte dose est déconseillé sans avis médical.

  • Autre usage : Ses fleurs et tiges fournissent une teinture jaune naturelle utilisée en artisanat textile.

Une ressource pour la Faune locale

  • Nectar et pollen : Attire de nombreux insectes pollinisateurs (syrphes, petites abeilles sauvages, bourdons).

  • Plante hôte : Sert de nourriture aux chenilles de plusieurs papillons, notamment l’Hespérie de la malve (Pyrgus malvae) et le Collier de corail (Aricia agestis).

Statut et menaces

Statut : L’Aigremoine eupatoire est classée en « Préoccupation mineure » (LC) sur les listes rouges nationale et de la région Pays de la Loire.

Menaces : c’est une espèce commune sans menace globale immédiate, bien qu’elle subisse localement la destruction des haies, l’entretien excessif des accotements de routes par broyage systématique et la fermeture des milieux ouverts.

Le saviez-vous ?

Pendant le Moyen Âge, l’Aigremoine était considérée comme une plante magique protectrice. On croyait que glisser quelques tiges sous l’oreiller d’une personne l’endormirait d’un sommeil si profond qu’elle ne se réveillerait pas tant qu’on ne les aura pas retirées !

En vidéo

Contributions

Dominique Sécher. Photos prises au Pallet.

Crédits

Rédaction : Dominique Sécher.

Photos :

Vidéo : Le chemin de la nature

Principales sources d’informations :

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