Coronella austriaca (Laurenti, 1768)
Le nom de Genre Coronella vient du latin corona signifiant « couronne », en référence à la tache sombre caractéristique présente sur le dessus de sa tête qui rappelle un diadème ou une petite couronne.
Le nom d’espèce austriaca signifie « d’Autriche », région d’Europe centrale où les premiers spécimens de description scientifique ont été étudiés par le naturaliste Josephus Nicolaus Laurenti.
Coronelle lisse, est la traduction du latin levis, « lisse », orthographié par erreur ainsi au lieu de laevis par Lacépède lorsqu’il décrivit cette espèce sous le nom de Coluber levis en 1789.
Position taxonomique :
- Ordre : Squamates – Squamata (Oppel, 1811)
- Famille : Colubridés – Colubridae (Oppel, 1811)
- Genre : Coronelle – Coronella (Laurenti,1768)
Noms vernaculaires :
- Coronelle lisse
- Couleuvre lisse
- Couleuvre autrichienne
Comment le reconnaître
Taille : 50 à 70 cm (max. 90 cm)
La Coronelle lisse présente les spécificités suivantes au niveau des écailles (voir schéma) : sur la tête, deux écailles post-oculaires (1), une pré-oculaire (2), neuf plaques céphaliques (3), et une rostrale aussi large que haute (4) ; sur le reste du corps, au moins 200 plaques ventrales, et d’une façon générale, une écaillure lisse sur le dos et les flancs.
- La tête : Elle présente une large bande sombre très caractéristique qui part de la narine, traverse l’œil (qui a une pupille bien ronde et un iris doré) et se prolonge sur le côté du cou. Le dessus du crâne arbore une grande tache sombre en forme de fer à cheval ou de selle.
- Le corps : La texture est particulièrement douce car les écailles dorsales sont parfaitement lisses (sans carène centrale). Le dos varie du gris clair au brun-roussâtre, orné de deux rangées parallèles de petites taches sombres transversales, parfois estompées.
- Le ventre : La face ventrale est unie, allant du gris-bleuté chez les femelles au rougeâtre ou orangé chez les mâles.
Confusions
- Elle peut parfois être confondue avec la Coronelle girondine là où leurs aires de répartition se recoupent, bien que cette dernière soit en général plus svelte et présente un museau plus arrondi.
- Elle peut également être confondue avec une vipère à cause de son museau assez pointu. Elle n’a toutefois ni les pupilles fendues, ni les écailles carénées des Viperinae d’Europe.
Description
Habitat
La Coronelle lisse fréquente des habitats variés, mais privilégie les zones chaudes, sèches et ouvertes telles que les prairies, les landes et les pelouses sèches. On la trouve souvent sous des pierres, dans des éboulis ou des murets en pierres sèches. Elle peut également habiter les lisières de forêts et les champs cultivés.
Répartition
- La Coronelle lisse est largement distribuée en Europe, depuis le niveau de la mer jusqu’à environ 2 500 mètres d’altitude. Elle s’adapte bien aux climats tempérés d’Europe et d’Asie occidentale.
- En France, elle est largement distribuée sur l’ensemble du territoire national, bien qu’elle devienne nettement plus rare et localisée dans les plaines agricoles intensives du Sud-Ouest et sur la frange strictement méditerranéenne.
- En Loire-Atlantique, sa répartition connue est morcelée au sud de la Loire. Elle est bien présente sur les coteaux du vignoble nantais et les zones de reliefs entourant la vallée de la Sèvre Nantaise.
Comportement
La Coronelle lisse a un mode de vie diurne mais est assez discrète. Elle est surtout active en début et fin de journée ou lors des temps chauds et orageux, et peut parfois se rencontrer la nuit, lors de fortes chaleurs.
Sa période d’activité s’étend d’avril à octobre et en dehors de cette période, l’espèce entre en hibernation dans des abris souterrains, tels que des terriers, des fissures rocheuses ou sous des pierres. Elle se nourrit principalement de lézards et parfois de micromammifères.
Cette espèce est non agressive, préférant fuir plutôt que de se défendre lorsqu’elle est menacée, mais peut cependant mordre lorsqu’elle est saisie.
En défense additionnelle elle peut également déféquer sur celui qui l’attrape en y ajoutant les sécrétions malodorantes de ses glandes cloaquales. C’est toutefois un serpent non venimeux et totalement inoffensif pour l’homme. Ses dents sont minuscules et ne percent généralement pas la peau.
Bien que principalement terrestre, elle peut escalader les végétations basses.
Alimentation
La Coronelle lisse ne pourchasse pas ses proies mais compte sur son odorat pour les trouver dans leur repaire. Elle se nourrit principalement de lézards (près de 70 % de son alimentation) : petits Lacertidés, orvets et scinques. Ses proies favorites sont le Lézard des murailles et l’Orbettin (lézard sans pattes). Elle se nourrit également de très petits mammifères (juvéniles), de jeunes serpents (incluant des vipères), de jeunes oiseaux et d’œufs de reptiles. Elle tue ses proies par constriction.
Reproduction
La Coronelle lisse est un serpent ovovivipare (indiqué vivipare par certaines sources). L’accouplement, qui a lieu peu après la sortie de l’hivernage (mi-mars en France) peut durer plusieurs heures. La femelle est ensuite en gestation durant 4 à 5 mois (la durée de gestation dépend en partie du climat et est plus courte dans le sud) et donne naissance à entre 2 et 16 petits (généralement de 3 à 9, exceptionnellement 19) qui naissent dans une membrane qu’ils percent peu de temps après.
Dans le nord, les femelles ne se reproduisent qu’une fois tous les 2 ou 3 ans alors que dans le sud elles peuvent parfois avoir deux portées durant l’été.
Les nouveaux-nés mesurent de 12 à 21 cm et sont semblables aux adultes en forme et couleurs mais présentent généralement une plaque entièrement noire sur la tête et des couleurs plus contrastées. Ils consomment généralement des insectes tant que leur taille ne leur permet pas de capturer des proies plus grosses. Ils atteignent 30 à 40 cm dans leur troisième année ainsi que la maturité sexuelle pour les mâles, les femelles n’étant matures qu’une à deux années plus tard. Par ailleurs cette maturité sexuelle peut être plus tardive dans le nord.
Statut et menaces
L’espèce est classée en France comme « Préoccupation mineure » (LC − Least Concern) et n’est donc pas considérée comme en danger. Toutefois, comme quasiment toutes les espèces sauvages présentes en France, la loi interdit toute destruction ou capture de ces animaux.
Au niveau international, elle est tout de même protégée par la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe (annexe II) et également par la Directive 92/43/CEE du Conseil du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages (annexe IV).
La Coronelle lisse est une espèce adaptée aux climats frais ou pluvieux, qui subit toutefois un recul de sa répartition vers les altitudes plus élevées, à la fois du fait du réchauffement climatique (post-glaciaire et l’action humaine) et de par la disparition de certains de ses habitats (murets, landes…) résultante de l’activité humaine.
Le saviez-vous ?
- Les serpents n’ont pas le sang froid : ils sont ectothermes. Leur température varie avec celle de leur environnement. Un serpent en activité est souvent chaud !
- Les Anglais l’appelle « Smooth snake »
- La Coronelle lisse peut vivre jusqu’à 18 ans dans la nature !
- Contrairement à la majorité des autres couleuvres qui muent en laissant une « exuvie » (la vieille peau) entière d’un seul tenant, la Coronelle lisse, en raison de la finesse et de la souplesse de ses écailles sans carène, déchire fréquemment sa peau lors de la mue. Il est donc très rare de trouver une mue complète de Coronelle dans la nature ; elle laisse plutôt de petits lambeaux discrets collés aux ronces ou sous les pierres.
En vidéo
Crédits
- Rédaction : Isabelle Lechat, Dominique Sécher
- Photo d’entête : Isabelle Lechat
- Schéma tête : Wikipedia – Par Hexasoft — Travail personnel, CC BY-SA 4.0
- Vidéo : YouTube, National Géographic Animaux
- Description :
