Pyronia tithonus (Linnaeus, 1771)

Le nom de Genre dérive du grec ancien pyros, qui signifie le feu. Cela fait directement référence à la couleur orange vif et chaude qui orne le dessus des ailes de ce papillon, évoquant l’éclat des flammes.

Le nom spécifique fait référence à Tithon (Tithonus), un personnage de la mythologie grecque. Tithon était un prince troyen d’une grande beauté, aimé par Éos, la déesse de l’Aurore. L’Aurore évoque les couleurs orangées et dorées du lever du soleil, ce qui correspond à la robe du papillon.

Position taxonomique :

  • Famille : Nymphalidés (Nymphalidae Rafinesque, 1815)
  • Sous-Famille : Satyrinae (Boisduval, 1833)
  • Genre : Pyronia (Hübner, 1819)

Noms vernaculaires :

  • Le Satyre tithon
  • Le Titon

Comment le reconnaître

L’adulte :

  • Envergure: de 30 à 40 mm.

  • Le dessus des ailes est fauve orangé avec une large bordure brune. Sur le bord apical de chaque aile antérieure, un ocelle noir contient deux petits points blancs. Le dessous des ailes antérieures est identique au dessus, avec son ocelle noir caractéristique. Par contre, le dessous de l’aile postérieure est brun chamois avec une bande claire au milieu et de très petits points blancs bordés de noir.

  • La mâle est légèrement plus petit que la femelle. Il présente en plus de la femelle, des tâches noires androconiales sur le dessus des ailes antérieures.

La chenille :

La taille de la chenille de l’Amaryllis varie de 20 à 25 mm au dernier stade. La chenille est poilue, brun crème avec une ligne claire sur les côtés et une longue bande sombre sur le dos. On peut facilement la confondre avec les chenilles de plusieurs Satyres.

Confusions

L’Amaryllis peut être confondu avec d’autres membres de la sous-Famille des Satyrinae, mais quelques détails permettent de trancher :

  • Le Myrtil (Maniola jurtina) : Celui-ci est plus grand et beaucoup plus sombre (brun chez le mâle, avec une plage orange réduite chez la femelle). Surtout, l’ocelle noir à l’apex de son aile antérieure ne possède qu’une seule pupille blanche, alors que celle de l’Amaryllis en a deux.
  • Le Fadet commun ou Procris (Coenonympha pamphilus) : Beaucoup plus petit, son dessus est d’un orange plus terne et uniforme, sans la large bordure brun sombre. Le dessous de ses ailes postérieures ne présente pas les mêmes marbrures caractéristiques.

Description

Habitat

L’Amaryllis est un papillon typique du paysage bocager. Il affectionne particulièrement les lisières de bois, les clairières, les chemins forestiers, les friches, les herbes hautes au pied des haies d’arbustes (comme les ronces) et les jardins sauvages. Il a un besoin crucial de zones ombragées pour s’abriter de la forte chaleur et de zones ensoleillées pour butiner.

Répartition

L’Amaryllis est largement distribué en Europe centrale et méridionale, ainsi qu’en Afrique du Nord et en Asie Mineure. En France, il est présent dans la quasi-totalité des départements. Il est particulièrement commun et abondant dans l’ouest, notamment en Loire-Atlantique et à l’échelle locale (comme à Le Pallet), où les structures bocagères résiduelles lui offrent un habitat idéal.

Comportement

L’Amaryllis est un voilier sédentaire, au vol saccadé et plutôt bas, souvent au ras des buissons. Les mâles sont territoriaux et se postent fréquemment sur des feuilles proéminentes ou des branches de ronces, guettant le passage des femelles ou chassant les intrus. C’est un grand amateur de nectar qui s’alimente en groupes denses sur les fleurs de Ronce commune (Rubus fruticosus), de Marjolaine, de Buddleia ou de Chardons.

Reproduction

L’espèce est monovoltine (une seule génération par an). L’accouplement a lieu au cœur de l’été. La femelle pond ses œufs de manière assez lâche, parfois en les laissant simplement tomber en volant au-dessus des touffes d’herbes ou en les fixant grossièrement sur les tiges sèches. La jeune chenille éclot à la fin de l’été, commence à s’alimenter, puis hiverne à la base des graminées avant de reprendre sa croissance au printemps suivant. La nymphose s’effectue au début de l’été, la chrysalide étant suspendue tête en bas sur une tige de graminée.

Plantes hôtes

Les plantes hôtes de la chenille sont exclusivement des poacées (graminées) sauvages. Elle consomme principalement :

  • Le Pâturin des prés (Poa pratensis)
  • Le Dactyle pelotonné (Dactylis glomerata)
  • La Agrostide commune (Agrostis capillaris)
  • Le Flouve odorante (Anthoxanthum odoratum)

Période de vol

Les adultes s’observent sur une période estivale bien définie, s’étendant du début du mois de juillet jusqu’à la mi-septembre, avec un pic d’abondance marqué entre la fin juillet et la mi-août.

Le saviez-vous ?

L’Amaryllis est le papillon des friches et des haies par excellence ! Les buissons et les taillis sont des abris indispensables à ce papillon pour se protéger des prédateurs. La chenille se nourrit d’herbes folles et l’adulte butine les fleurs de la ronce, ses préférées.

Contributions

Dominique SECHER 6 photos

En vidéo

Crédits

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