Classification :
- Ordre : Equisetales DC. ex Bercht. & J.Presl, 1820
- Famille : Equisetaceae Michx. ex DC., 1804
- Genre : Equisetum L., 1753
Espèce :
Equisetum sylvaticum L., 1753
Comment le reconnaître
Les tiges des prêles sont constituées de segments courts reliés par des articulations. Elles sont creuses et présentent une texture rugueuse.Les tiges fertiles sont brunâtres, tandis que les tiges stériles sont vertes à la base et brunes à l’extrémité.
Les feuilles de la Prêle des bois sont réduites à de petites gaines qui entourent la tige à chaque articulation.
Les gaines sont divisées en lobes pointus et dentés, disposés en verticilles.
Les gaines des tiges fertiles sont brunes, tandis que celles des tiges stériles sont vertes à la base et brunes à l’extrémité.
Les prêles ne produisent pas de fleurs, mais se reproduisent par spores, regroupés en sporanges.
Description
La Prêle des bois, est une plante vivace de 15 à 50cm, parfois 80cm. Elle appartient à la Famille des Equisetaceae, aussi connue sous le nom de Famille des prêles, la seule Famille survivante de l’Ordre des Equisetales. Elle ne comprend qu’un seul Genre actuel, Equisetum, qui regroupe environ 18 espèces à travers le monde. Ce sont toutes des espèces herbacées, alors que d’autres familles de prêles aujourd’hui éteintes étaient composées d’espèces arborescentes.
Les tiges de la Prêle des bois, d’une couleur verte tendre à brunâtre selon leur stade de développement, présentent une segmentation remarquable. Elles sont constituées de segments courts, appelés articles, reliés par des articulations souples. Cette articulation confère aux tiges une grande flexibilité face au vent.
Il y a 2 types de tiges :
- Présentes au printemps, les tiges fertiles sont brunâtres, courtes (15-40cm) et simples ou ramifiées à la base. Elles portent des cônes à l’extrémité.
- Les tiges stériles apparaissent après les tiges fertiles, elles sont vertes, plus longues (30-80cm) et ramifiées de manière verticillée, généralement par 4 à 6.
Sur toute leur longueur, les tiges arborent des côtes longitudinales, généralement au nombre de 10 à 18. Ces côtes, contribuant à la rigidité et à la résistance de la structure, confèrent aux tiges une texture rugueuse et striée au toucher.
L’une des caractéristiques les plus distinctives de la Prêle des bois réside dans sa ramification verticillée. À chaque articulation, des rameaux fins et verts, naissent en disposition circulaire autour de la tige principale. Ces rameaux, eux-mêmes souvent ramifiés, forment une couronne symétrique.
La Prêle des bois présente un dimorphisme saisonnier au niveau de ses tiges. Au printemps, apparaissent les tiges fertiles, d’une couleur brunâtre et plus courtes que les tiges stériles. Ces tiges fertiles portent à leur extrémité des cônes sporifères, où sont produites les spores qui assurent la reproduction de la plante.
Par la suite, les tiges stériles prennent le relais. D’une couleur verte tendre, elles se développent après les tiges fertiles et atteignent une taille plus importante. Ces tiges stériles, dépourvues de cônes sporifères, sont responsables de la photosynthèse et contribuent à la croissance et à la survie de la plante.
Contrairement à la plupart des plantes, Equisetum sylvaticum ne possède pas de feuilles au sens classique du terme. À la base de chaque article, à l’emplacement des rameaux, se trouvent des gaines foliaires. Ces gaines, de couleur brune chez les tiges fertiles et verte à la base et brune à l’extrémité chez les tiges stériles, sont des structures vestigiales représentant les vestiges des feuilles des ancêtres fossiles de la Prêle des bois.
Les Prêles, comme les fougères (le groupe ptéridophytes regroupe ces plantes), ne produisent pas de fleurs. Elles se reproduisent par des spores dispersées par le vent.
Les spores de la Prêle des bois sont produites dans des structures appelées sporanges, qui sont regroupés en cônes à l’extrémité de tiges fertiles brunâtres. Ces cônes sont présents au printemps, avant l’apparition des tiges stériles vertes typiques de la prêle des bois.
Les sporanges s’ouvrent lorsqu’ils sont secs pour libérer les spores, qui sont ensuite dispersées par le vent.
Noms vernaculaires
La Prêle des bois s’appelle aussi Prêle des forêts.
Espèces proches
Sur la commune du Pallet, il est possible de confondre la Prêle des bois avec 2 autres prêles, voici comment les différencier :
- La Prêle des champs (Equisetum arvense). Bien que non encore observée sur la maille du Pallet, cette prêle est présente sur des mailles contigües. Il est donc probable que la Prêle des champs soit présente.
- Equisetum sylvaticum:
- Taille généralement comprise entre 20 et 50 cm, parfois jusqu’à 80 cm.
- Habitat : Forêts humides, sols acides ou neutres.
- Tiges stériles ramifiées par 4 à 6 branches.
- Gaines foliaires divisées en 3 à 6 lobes dentés.
- 10 à 18 côtes longitudinales sur les tiges.
- Cônes sporifères courts (moins de 2 cm).
- Présence de ramifications secondaires sur les branches verticillées des tiges stériles.
- Equisetum arvense:
- Taille plus petite, généralement entre 10 et 40 cm.
- Habitat : Divers, champs cultivés, bords de chemins, zones humides.
- Tiges stériles ramifiées par 4 à 12 branches.
- Gaines foliaires divisées en 5 à 9 lobes dentés.
- 10 à 30 côtes longitudinales sur les tiges.
- Cônes sporifères longs (2 à 5 cm).
- Absence de ramification secondaire sur les branches verticillées des tiges stériles.
- Equisetum sylvaticum:
- La Grande prêle (Equisetum telmateia). Comme la précédente, elle n’a pas été observée sur la maille du Pallet, mais sur des mailles très proches, contigüe pour l’une d’entre elles.
- Equisetum sylvaticum:
- Taille généralement comprise entre 20 et 50 cm, parfois jusqu’à 80 cm.
- Habitat : Forêts humides, sols acides ou neutres.
- Tiges stériles ramifiées par 4 à 6 branches.
- Gaines foliaires divisées en 3 à 6 lobes dentés.
- 10 à 18 côtes longitudinales sur les tiges.
- Cônes sporifères courts (moins de 2 cm).
- Equisetum telmateia:
- Taille plus imposante, pouvant atteindre 1 à 2 mètres.
- Habitat : Zones humides, marais, bords de cours d’eau.
- Tiges stériles ramifiées par 8 à 12 branches.
- Gaines foliaires divisées en 7 à 12 lobes dentés.
- 20 à 30 côtes longitudinales sur les tiges.
- Cônes sporifères plus longs (2 à 4 cm).
- Equisetum sylvaticum:
Habitat
L’eau est essentielle pour la survie de la Prêle des bois. Elle a besoin d’un sol humide en permanence, mais pas détrempé.
Elle préfère les zones ombragées ou semi-ombragées, où elle est protégée du soleil direct, mais semble paradoxalement assez héliophile, au moins pour sa fructification, les populations étant souvent plus denses en lisières ou en clairières.
Elle prospère dans les sols acides ou neutres, riches en matière organique et bien drainés.
Elle supporte bien le froid et peut survivre à des températures hivernales basses.
Utilisation
La prêle des bois est riche en silice, un élément qui renforce les parois cellulaires des plantes et les rend plus résistantes aux attaques des champignons. De ce fait, une décoction de prêle peut être employée comme traitement préventif (éventuellement curatif) contre ces maladies fongiques qui affectent souvent les potagers et les jardins d’ornement.
Préparation et utilisation de la décoction de prêle :
Ingrédients:
100 g de prêle des bois fraîche ou 50 g de prêle des bois séchée
1 litre d’eau
Instructions:
Hacher finement la prêle des bois fraîche ou utiliser directement la prêle des bois séchée.
Mettre la prêle dans un récipient et couvrir d’eau froide.
Porter à ébullition et laisser mijoter pendant 30 minutes à feu doux.
Retirer du feu et laisser refroidir complètement.
Filtrer la décoction pour éliminer les résidus de prêle.
Application :
Pulvériser la décoction de prêle sur les feuilles et les tiges des plantes susceptible d’être affectées par le mildiou ou l’oïdium.
Renouveler l’application tous les 7 à 10 jours, ou plus fréquemment en cas de forte infestation.
Prévenir l’apparition des maladies en pulvérisant la décoction de prêle régulièrement sur les plantes, même si elles ne sont pas encore malades.
Remarques :
La décoction de prêle est un traitement naturel et non chimique. Il est donc important de l’utiliser régulièrement pour obtenir des résultats optimaux.
La décoction de prêle peut être mélangée à d’autres fongicides naturels pour une efficacité accrue.
Il est important de tester la décoction sur une petite partie de la plante avant de l’appliquer sur l’ensemble du plant, afin de s’assurer qu’elle ne cause pas de dommages.
Alimentation :
La prêle des bois peut être utilisée dans l’alimentation des humains. Cependant, il est important de noter que toutes les espèces de prêles ne sont pas comestibles. Certaines, comme la prêle des champs (Equisetum arvense), sont toxiques et peuvent provoquer des problèmes de santé graves.
Par conséquent, il est crucial de bien identifier la prêle des bois avant de la consommer et de ne jamais manger de prêle sauvage si vous n’êtes pas certain de son espèce.
Menaces
La Prêle des bois est classée LC (Préoccupation mineure : espèce pour laquelle le risque de disparition est faible) sur la liste rouge de la flore vasculaire de France métropolitaine (2019) (listé Equisetum sylvaticum L.), par contre, dans les Pays de Loire, elle est classée vu (vulnérable).
Le saviez-vous ?
Les prêles actuelles (Genre Equisetum) descendent de plantes qui ont vécu durant le Carbonifère, mais leurs ancêtres les plus anciens remontent encore plus loin, au Dévonien.
Le Dévonien, qui s’étend de 419 à 359 millions d’années, est souvent considéré comme la période où les plantes vasculaires (plantes avec des systèmes de transport de l’eau et des nutriments) ont vraiment commencé à se diversifier. Les premiers ancêtres des prêles modernes sont apparus à cette époque, tandis que les prêles géantes, qui pouvaient atteindre des tailles impressionnantes (elles pouvaient atteindre plus de 30 mètres, formant d’immenses forêts), étaient particulièrement abondantes au Carbonifère, qui a suivi le Dévonien (359 à 299 millions d’années).
En vidéo
Crédits
Photos :
Entête : Hugues Tinguy [CC-BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
Cône de sporanges : Jean-Claude Calais [CC-BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
Port : Hugues Tinguy [CC-BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
Ramification verticillée et Gaine : Mathieu MENAND[CC-BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
Tige : Emmanuel Stratmains [CC-BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
Vidéo : YouTube
Comment le reconnaître et Description :
