Viola riviniana (Rchb., 1823)

Le nom de Genre Viola reprend le nom classique latin que les Romains utilisaient pour désigner la violette et fait directement référence à sa couleur tout comme en français.

L’épithète spécifique riviniana est dédiée à Augustus Quirinus Rivinus (1652-1723), un éminent médecin et botaniste allemand qui a grandement contribué à la classification moderne des plantes grâce à ses travaux sur la régularité des fleurs.

Position taxonomique :

  • Ordre : Violales (Perleb, 1826)
  • Famille : Violacées – Violaceae (Batsch, 1802)
  • Genre : Viola (L., 1753)

Noms vernaculaires

  • Violette de Rivin
  • Violette de Rivinus
  • Violette des bois

Comment le reconnaître

  • La fleur : Ses pétales sont bleu-violet clair à moyen. Le critère absolu réside dans son éperon : chez cette espèce, il est épais, blanchâtre ou violet très pâle, et presque toujours bilobé (échancré ou creusé en son bout). Ses sépales se terminent à la base par de grands appendices (les appendices calicinaux) qui continuent de grandir lorsque le fruit se forme.

  • Les feuilles : elles sont cordiformes, finement crénelées sur les bords, elles naissent d’une rosette centrale d’où s’élancent les tiges florales.

  • Les stipules : Ces petites languettes à la base des pétioles des feuilles supérieures sont étroites, pointues et bordées de franges bien visibles (cils).

  • Le parfum : Contrairement à d’autres violettes, elle est pratiquement inodore.

Violmette de Rivin - Port
Port
Violmette de Rivin - Fleur 1
Fleur 1
Violmette de Rivin - Fleur 2
Fleur 2
Violmette de Rivin - Fleur 3
Fleur 3
Violmette de Rivin - Feuille 1
Feuille 1
Violmette de Rivin - Feuille 2
Feuille 2

Confusions

C’est le grand défi des botanistes au printemps ! On peut principalement l’échanger avec :

  • La Violette de Reichenbach (Viola reichenbachiana) : Elle partage les mêmes sous-bois. Pour ne pas vous tromper, observez son éperon : celui de la Violette de Reichenbach est nettement plus fin, d’un violet foncé ou pourpre (sans nuance de blanc) et n’est pas échancré à l’extrémité. Ses appendices calicinaux sont également très discrets.

  • La Violette odorante (Viola odorata) : Elle fleurit un peu plus tôt et dégage un parfum suave très prononcé. Ses feuilles partent toutes directement du sol (pas de tige feuillée dressée) et elle produit de longs stolons rampants qui marcottent le sol.

Description

Habitat

La Violette de Rivin affectionne les milieux mi-ombragés : lisières de forêts, sous-bois clairs, haies bocagères, clairières et talus ombragés. Elle préfère les sols frais, plutôt meubles, légèrement acides à neutres.

Répartition

La Violette de Rivin est largement répandue sur l’ensemble du continent européen.

En France, elle est très commune dans la quasi-totalité des départements métropolitains dont la Loire-Atlantique et bien sûr au Pallet où on l’observe facilement dès le début du printemps dans les zones boisées de la commune.

Utilisation

  • Comestibilité : Ses fleurs et ses très jeunes feuilles sont parfaitement comestibles. On peut utiliser les fleurs fraîches pour décorer et colorer les salades de printemps ou les cristalliser dans le sucre pour la pâtisserie. Les feuilles, douces et riches en mucilage, s’intègrent bien aux soupes ou en salades composées.

  • Propriétés médicinales : Les fleurs et les feuilles étaient traditionnellement utilisées en infusion pour leurs vertus émollientes (adoucissantes) et expectorantes en cas de toux sèche. Attention en revanche aux racines : comme chez la plupart des violettes, elles renferment de la violine, une substance fortement émétique (qui provoque des vomissements) si elle est ingérée en quantité.

Une ressource pour la Faune locale

  • Le berceau des Nacrés : Elle est une plante-hôte essentielle pour les chenilles de plusieurs grands papillons de la Famille des Nymphalidés (sous-Famille des Heliconiinae). C’est notamment le cas pour le Tabac d’Espagne (Argynnis paphia), le Moyen nacré (Fabriciana adippe) et le Grand nacré (Speyeria aglaja) dont les chenilles se nourrissent exclusivement de feuilles de violettes sauvages.

  • L’alliance avec les fourmis : Ses graines portent un appendice charnu et riche en graisses appelé élaïosome. Les fourmis en raffolent : elles transportent la graine jusque dans leur fourmilière pour nourrir leurs larves, puis rejettent la graine intacte à l’extérieur. C’est ce qu’on appelle la myrmécochorie, un superbe moyen naturel de dispersion pour la plante !

Menaces

Statut de conservation : Classée en Préoccupation mineure (LC) aussi bien à l’échelle nationale qu’au niveau régional en Pays de la Loire. Elle ne bénéficie pas de statut de protection particulier car ses populations restent stables et nombreuses.

Menaces : Bien que non menacée, elle reste sensible aux pratiques de gyrobroyage trop précoces ou répétés des talus de chemins au printemps, ainsi qu’à la disparition des haies et lisières forestières qui constituent ses zones refuges favorites.

Le saviez-vous ?

Elle produit des fleurs secrètes qui ne s’ouvrent jamais ! Au printemps, la Violette de Rivinus produit ses jolies fleurs violettes bien connues, qui comptent sur la pollinisation par les insectes. Mais à la fin de l’été, la plante développe d’autres fleurs, dites cléistogames. Ces petites fleurs vertes restent de minuscules boutons fermés au ras du sol. Elles s’autofécondent en secret à l’intérieur de leur enveloppe close pour garantir la production de graines, s’assurant ainsi de se reproduire même en l’absence totale de pollinisateurs ou par météo défavorable !

Crédits

Rédaction : Dominique Sécher.

Photos :

Principales sources d’informations :

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