Platycnemis acutipennis (Selys, 1841)
Le nom de Genre Platycnemis provient du grec platys (large) et knēmis (tibia ou jambière), faisant directement référence aux pattes élargies de ce pennipatte.
L’épithète spécifique acutipennis dérive du latin acutus (pointu) et pennis (ailes), soulignant la forme subtilement effilée de l’extrémité de ses ailes.
Position taxonomique :
- Sous-Ordre : Zygoptères – Zygoptera (Selys, 1854)
- Famille : Platycnémididés – Platycnemididae (Tillyard, 1917)
- Genre : Platycnemis (Burmeister, 1839)
Noms vernaculaires :
- Agrion orangé
- Pennipatte orangé
Comment le reconnaître
Le mâle se distingue immédiatement par une coloration générale orange vif à rouge brique sur l’ensemble de l’abdomen et du thorax. Ses yeux bleus ou bleu-vert contrastent fortement avec le reste du corps. Ses tibias intermédiaires et postérieurs sont nettement élargis (en forme de plume ou de palette), bien que légèrement moins larges que chez d’autres espèces du même Genre.
La femelle, plus discrète, arbore une teinte de fond beige, ochracée ou jaunâtre, avec deux lignes longitudinales sombres sur le dessus de l’abdomen.
Confusions
Des confusions sont fréquentes dans les mêmes zones géographiques :
L’Agrion délicat (Ceriagrion tenellum) : Également rouge/orange, mais il possède des pattes entièrement fines et noires (pas de tibias élargis blancs ou clairs) et ses yeux sont entièrement rouges.
La Petite nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula) : Plus robuste, elle possède un motif noir beaucoup plus lourd sur l’abdomen et des pattes totalement noires.
Platycnemis pennipes et Platycnemis latipes : Les mâles de ces espèces sont respectivement bleus ou blanc ivoire, évitant la confusion avec le mâle orangé, mais leurs femelles jaunâtres nécessitent un examen attentif des lignes de couleur sur les pattes et le thorax.
Description
Habitat
Cette demoiselle apprécie particulièrement les eaux courantes à débit lent ou modéré. On la trouve le long des rivières non polluées, des ruisseaux de plaine, des canaux et parfois des bras morts ou des étangs connectés, à condition qu’ils bénéficient d’un bon ensoleillement et d’une riche végétation rivulaire et aquatique.
Répartition
L’Agrion orangé est une espèce typique du sud-ouest de l’Europe. Elle est largement présente en Espagne, au Portugal et sur la majeure partie du territoire français (à l’exception du Nord et de l’Est). Elle est particulièrement bien implantée et commune dans les départements de l’Ouest, notamment en Loire-Atlantique.
On peut donc l’observer aisément au Pallet.
Comportement
Les mâles de l’Agrion orangé sont territoriaux et passent de longs moments perchés sur les herbes hautes, les roseaux ou les branches qui surplombent l’eau. Ils effectuent des vols courts et rapides pour chasser de petits insectes ou pour chasser les mâles rivaux qui s’approchent trop près de leur perchoir.
Reproduction
Après une parade et la formation du « tandem » (le mâle agrippant la femelle par le cou), l’accouplement se produit souvent sur la végétation.
La ponte s’effectue également en tandem. Le mâle reste vertical, maintenant la femelle pendant que celle-ci insère ses œufs directement dans les tissus des plantes aquatiques à l’aide de son ovipositeur.
Les larves se développent ensuite au milieu de la végétation immergée pendant un an avant l’émergence.
Période de vol
C’est une espèce printanière et estivale précoce. Les adultes s’observent principalement de mai à août, avec un pic d’activité marqué entre la fin mai et le mois de juillet.
Statut et menaces
Classé en Préoccupation mineure (LC) au niveau mondial et national en France.
Bien que l’Agrion orangé ne soit pas globalement menacé à l’échelle de son aire de répartition (Europe du Sud-Ouest), sa situation locale appelle à la vigilance. En tant qu’espèce endémique de cette région, la France et la péninsule Ibérique portent une responsabilité internationale majeure pour sa conservation.
Le maintien de ses populations dépend directement de la qualité de son habitat :
- Altération de la qualité de l’eau : Les pollutions d’origine agricole ou industrielle impactent directement le développement des larves aquatiques.
- Destruction de la végétation des berges (ripisylve) : Le faucardage excessif ou le recalibrage des cours d’eau élimine les perchoirs des adultes et les supports indispensables à la ponte.
- Assec des cours d’eau : Le changement climatique et les pompages excessifs en période estivale réduisent le débit des rivières lentes qu’il affectionne.
Le saviez-vous ?
Les tibias élargis et blanchâtres des mâles ne servent pas uniquement à nager ou à voler ! Ils agissent comme de véritables panneaux de signalisation. Lors des disputes territoriales entre mâles, ils étirent leurs pattes vers l’avant en plein vol pour exhiber ces « feutrines » claires, cherchant ainsi à impressionner et à intimider l’adversaire sans avoir à combattre physiquement.
En vidéo
Crédits
- Rédaction : Dominique Sécher
- Photo d’entête et mâle : Von Chiswick Chap – Eigenes Werk, CC BY-SA 3.0
- Photo femelle : Von Fturmo – Eigenes Werk, CC BY-SA 4.0
- Vidéo : BRUITX
