Aporia crataegi (Linnaeus, 1758)

Le nom de Genre Aporia vient du grec aporos, qui signifie « difficile », « sans issue » ou « indécis », faisant probablement référence aux difficultés de classification rencontrées par les premiers entomologistes. Ce Genre a en effet été très controversé; il est surtout remarquable par l’absence de dessin et le faible nombre d’écailles sur ses ailes.

L’épithète spécifique crataegi désigne directement le Genre Crataegus (les aubépines), qui constitue l’une des principales plantes nourricières de sa chenille.

Position taxonomique :

  • Famille : Piéridés – Pieridae (Duponchel, 1835)
  • Sous Famille : Pierinae (Duponchel, 1835)
  • Genre : Aporia (Hübner, 1819)

Noms vernaculaires :

En français, le Gazé est donné par Geoffroy en 1762 car ses nervures noires sur fond blanc font ressembler ce papillon à une gaze, voile du nom de la ville de Gaza en Palestine.

En anglais, il est nommé Black-veined White.

Comment le reconnaître

L’adulte

  • Envergure : 51 à 68 mm

  • Les ailes du Gazé sont blanches, hyalines, avec des nervures noires. Le dimorphisme sexuel est notable.
  • Le mâle possède un trait noir discoïdale.
  • La femelle est plus grande, le trait discoïdale est absent et les ailes sont plus hyalines.
Gazé mâle
Mâle
Gazé femelle
Femelle
Chenille du Gazé
Chenille

La Chenille

  • Longueur : 35 à 40 mm

  • La chenille du Gazé est blanche et brune, à forte pilosité. La face ventrale est blanche et la face dorsale est gris noir lustré, marquée de deux bandes longitudinales d’un fauve roussâtre.

Confusions

En Europe occidentale, le risque de confusion est assez limité en raison de la netteté de ses nervures. Sur notre territoire, aucune espèce ne lui ressemble.

Description

Habitat

Le Gazé affectionne les milieux ouverts à semi-ouverts pourvus de haies botaniques et d’arbres fruitiers sauvages. On le rencontre dans les prairies bocagères, les lisières, coupes et clairières de bois et de forêts, les friches, les vergers traditionnels et les jardins arborés, les landes et les dunes boisées, sur des substrats variés.

Répartition

  • Largement répandu en Europe, du Portugal jusqu’en Turquie, le Caucase et le sud de la Russie.
  • En France, il est présent dans la quasi-totalité des départements métropolitains, bien qu’il se raréfie fortement dans les zones d’agriculture intensive (notamment dans le quart nord-ouest et le bassin parisien).
  • En Loire-Atlantique, il est présent mais de manière localisée et discontinue. Le recul du bocage traditionnel impacte directement sa détection dans notre département.

Comportement

Le Gazé possède un vol puissant, onduleux et plutôt lent. Les adultes sont très actifs lors des journées ensoleillées et se rassemblent parfois en grand nombre, au matin ou en fin de journée, sur les zones humides du sol (flaques, boue) pour y pomper les sels minéraux essentiels.

Les mâles se montrent extrèmement pressants à l’égard des femelles, alors que celles-ci sont tout juste en train d’émerger.

Plantes hôtes

Les chenilles se nourrissent de nombreuses Rosacées ligneuses telles que les aubépines (Crataegus monogyna, Crataegus laevigata, Crataegus azarolus, Crataegus laciniata, Crataegus pycnoloba, Crataegus rhipidophylla), les pruniers (Prunus spinosa, Prunus mahaleb, Prunus avium, Prunus amygdalis, Prunus armeniaca, Prunus cerasifera, Prunus cerasus, Prunus domestica, Prunus padus, Prunus persica) mais également Pyrus spinosa, Malus spp., Rosa canina, Sorbus aucuparia et Amelanchier ovalis.

Reproduction

Après l’accouplement en début d’été, la femelle dépose des grappes d’œufs jaunes fusiformes sur la face inférieure des feuilles des arbustes nourriciers. Les chenilles sont grégaires ; elles passent l’été et l’automne ensemble, puis construisent un nid de soie collectif (un hibernaculum) solidement arrimé aux rameaux pour y passer l’hiver. Au printemps suivant, elles reprennent leur alimentation avant de se nymphoser individuellement en chrysalides suspendues à la végétation.

Période de vol

Le cycle est univoltin. La seule génération vole d’avril à août, de mai à juin en Loire-Atlantique.

Statut et menaces

Le Gazé reste bien répandu malgré les grandes fluctuations des effectifs. Présent à peu près partout en Loire-Atlantique, la faiblesse des boisements et l’intensification agricole pourraient contrarier la pérennité de ses populations.

Le saviez-vous ?

L’imago est « migrant intérieur » d’après la typologie de Eitschberger et al. (1991), c’est à dire entreprenant des vols migratoires à l’intérieur de son domaine.

Le Gazé n’a été observé qu’une seule fois au Pallet en 2019 (P. Favreau).

Au moment de sortir de sa chrysalide, le Gazé excrète un liquide rouge appelé méconium (le reste de ses déchets de métamorphose). Lorsque les émergences étaient massives dans les vergers autrefois, ces petites gouttes rouges maculaient les feuilles et le sol, ce qui donnait l’illusion aux populations locales qu’il venait de tomber une impressionnante « pluie de sang » !

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Crédits

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