Urtica dioica (L., 1753)

Le nom de Genre Urtica vient du latin urere, qui signifie « brûler », en référence évidente à la sensation de brûlure provoquée par ses poils urticants.

L’épithète spécifique dioica (dioïque) vient du grec di (deux) et oikos (maison) : cela signifie que l’espèce possède des pieds mâles et des pieds femelles distincts (les fleurs des deux sexes ne sont pas sur le même individu).

Position taxonomique ;

  • Ordre : Urticales (Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820)
  • Famille : Urticacées – Urticaceae (Juss. ex Bercht. & J.Presl, 1820)
  • Genre : Ortie – Urtica (L., 1753)

Noms vernaculaires

  • Ortie dioïque
  • Grande ortie
  • Ortie commune

Comment le reconnaître

L’Ortie dioïque est une plante vivace herbacée de 50 cm à 1 m et pouvant atteindre 1,50 m. Sa caractéristique majeure réside dans ses poils urticants (trichomes) qui injectent un mélange d’acide formique et d’histamine au moindre contact. Ses autres caractères déterminants sont les suivants :

  • Tiges : Dressées, robustes, quadrangulaires (section carrée) et non ramifiées.
  • Feuilles : Opposées, pointues, en forme de cœur allongé à la base, fortement dentées sur les bords et d’un vert foncé.
  • Pilosité : La tige et les feuilles sont couvertes de longs poils urticants rigides, mêlés à des poils plus courts et souples.
  • Fleurs : Petites, verdâtres et réunies en grappes pendantes ou étalées à l’aisselle des feuilles. Les grappes du pied mâle sont plutôt horizontales, tandis que celles du pied femelle penchent nettement vers le bas en fin de floraison.
Ortie commune - port
Port
Ortie dioïque - Feuille 1
Feuilles 1
Ortie dioïque - Feuille 2
Feuilles 2
Ortie dioïque - fleur mâle
Fleur mâle
Ortie dioïque - fleur femelle
Fleur femelle
Ortie dioïque - Fruits
Fruits

Confusions

La confusion la plus fréquente se fait avec les Lamiers (Famille des Lamiacées), souvent appelés « orties mortes » car ils ne piquent pas. Le Lamier blanc (Lamium album) ou le Lamier pourpre (Lamium purpureum) ont des feuilles d’aspect similaire et des tiges carrées, mais leurs fleurs sont grandes, en forme de gueule ouverte (bilabiées), blanches ou roses, et leurs feuilles ne piquent jamais.

On peut aussi la confondre avec l’Ortie brûlante (Urtica urens), une cousine germaine. Cette dernière est annuelle, beaucoup plus petite (rarement plus de 40 cm), plus vert clair, et elle possède des fleurs mâles et femelles sur le même pied (monoïque). Sa piqûre est souvent jugée plus vive.

Description

Habitat

C’est une plante rudérale et nitrophile : elle adore les sols riches en azote, souvent modifiés par l’activité humaine. À Le Pallet, on la retrouve dans les décombres, les fossés, les lisières de forêts et les zones de surpâturage.

Répartition

L’Ortie dioïque est présente partout en France et sur presque tous les continents, de la plaine jusqu’à 2 500 m d’altitude.

Elle est extrêmement commune sur tout le territoire de la Loire-Atlantique, notamment dans les zones de bocage, les vallées alluviales (comme celle de la Loire). Au Pallet, l’Ortie dioïque est abondante en bordure de Sèvre et de Sanguèze et en pourtour des cultures viticoles.

Reproduction

Comme son nom l’indique, elle est dioïque. Cela signifie que les sexes sont sur des individus séparés : un pied est soit mâle (fleurs horizontales, libérant des nuages de pollen), soit femelle (fleurs retombantes en grappes denses pour capter le pollen transporté par le vent). Sa reproduction est aussi assurée par ses rhizomes rampants, ce qui lui permet de former des colonies denses (des « orties-saies »).

Utilisation

Comestibilité et Santé : Riche en fer, en silice et en vitamines (A et C), elle se consomme en soupe ou en infusion. Elle est reconnue pour ses propriétés reminéralisantes et anti-inflammatoires. Attention toutefois : sa richesse en nitrates peut être déconseillée dans certains cas médicaux.

Au jardin : Le purin d’ortie est un trésor. Il sert d’engrais riche en azote pour la croissance et stimule les défenses des plantes contre le mildiou et les pucerons.

Une ressource pour la Faune locale

Un pilier pour la biodiversité locale L’ortie est une « plante-nourrice » indispensable. Elle est la plante hôte exclusive de plusieurs papillons :

  • Le Paon-du-jour (Aglais io) et la Petite Tortue (Aglais urticae) dont les chenilles vivent en groupes serrés sur les feuilles.
  • Le Vulcain (Vanessa atalanta) qui y installe sa chenille solitaire dans une feuille repliée.
  • La Carte géographique (Araschnia levana)
  • Le Robert-le-Diable (Polygonia c-album)

Ses graines automnales nourrissent également de nombreux petits oiseaux (comme les chardonnerets), et ses touffes denses offrent un abri de choix pour les araignées et les punaises prédatrices qui régulent les pucerons au jardin.

Menaces

Statut de conservation : Classée en « Préoccupation mineure » (LC) sur la liste rouge nationale et celle des Pays de la Loire.

Menaces : La plante elle-même n’est absolument pas menacée. En revanche, sa destruction systématique par gyrobroyage chimique ou mécanique dans les chemins et les parcelles agricoles réduit drastiquement les sites de ponte des papillons cités ci-dessus.

Le saviez-vous ?

Le secret de sa piqûre réside dans de véritables micro-seringues de silice. Les poils urticants sont de petites ampoules de verre très fragiles. Au moindre frôlement, la pointe en silice se brise de biais, formant un biseau qui pénètre la peau pour y injecter un cocktail irritant composé d’acide formique, d’histamine et d’acétylcholine. Heureusement, il existe un remède de terrain : frotter la zone piquée avec des feuilles froissées de Grand Plantain ou de Menthe sauvage, qui poussent très souvent juste à côté d’elle !

Autrefois, on utilisait les fibres de la tige d’ortie pour fabriquer des cordages et des tissus très résistants, semblables au lin. Durant la Première Guerre mondiale, l’Allemagne a même produit des uniformes en « fibre d’ortie » face à la pénurie de coton !

En vidéo

Contributions

Dominique Sécher. Photos prises au Pallet.

Crédits

Description générale de l’article : Dominique Sécher.

Photos :

Vidéo : YouTube, le Chemin de la Nature

Principales sources d’informations :

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