Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766)
Le nom de Genre Eliomys vient du grec eleios (loir, petit rongeur) et mys (souris).
Le nom d’espèce quercinus vient du latin quercus (chêne), en référence à son habitat forestier et arboricole de prédilection.
Position taxonomique :
- Ordre : Rongeurs — Rodentia (Bowdich, 1821)
- Famille : Gliridés — Gliridae (Muirhead, 1819)
- Genre : Lérot — Eliomys (Wagner, 1840)
Noms vernaculaires
- Lérot
- Lérot commun
- Rat-peintre
- Rat-masqué
- Loir lérot
- Rat-dormeur
Comment le reconnaître
- Masque noir : une bande de poils noirs très distincte part des moustaches, entourant l’œil et s’étendant jusqu’en arrière de l’oreille.
- Pelage : brun-gris à roux sur le dos, le ventre et la gorge sont d’un blanc pur.
- Queue : elle est longue et couverte de poils courts à la base et se terminant par un pinceau de poils noirs et blancs très marqué.
- Oreilles : de grande taille, bien visibles.
Caractéristiques
- Taille : corps de 10 à 17 cm ; queue de 9 à 15 cm.
- Poids : 40 à 120 g (pouvant dépasser 150 g avant l’hibernation).
- Longévité : 3 à 5 ans dans la nature.
Comment l'observer
Exclusivement nocturne et très agile dans les arbres, le Lérot s’observe à la tombée de la nuit à la lampe torche dans les fruitiers ou près des bâtiments isolés. On repère souvent sa présence à ses cris aigus ou aux restes de fruits rongés dans les vergers.
Espèces proches et Confusions
Loir gris (Glis glis) : plus grand, pelage gris uniforme, queue touffue sur toute sa longueur, absence de masque noir.
Muscardin (Muscardinus avellanarius) : beaucoup plus petit, pelage entièrement roux vif, sans masque noir.
Description
Habitat
Le Lérot apprécie les bois et haies de feuillus, les vergers et les jardins, les zones rocailleuses et les murets de pierre sèche, ainsi que les greniers, les granges et cabanons de jardin. Il apprécie la proximité des zones arborées et des structures offrant des cavités protectrices.
Répartition
Le Lérot est une espèce endémique d’Europe (Europe de l’Ouest et du Sud-Ouest), s’étendant vers le nord jusqu’à la Baltique.
En France, il est présent sur la quasi-totalité du territoire métropolitain.
En Loire-Atlantique et dans les Pays de la Loire : autrefois bien implanté dans le bocage nantais, les zones rurales et périurbaines comme Le Pallet, profitant des vergers locaux et du maillage végétal, il est en forte diminution de population depuis quelques décennies.
Comportement
Mammifère arboricole, nocturne et grimpeur hors pair. Il vit en petites communautés familiales. Il entre en hibernation profonde d’octobre à avril, blotti au fond d’une cavité d’arbre, d’un trou de mur ou d’un nid garni de mousse dans un grenier. Il peut même utiliser des nichoirs.
Alimentation
Le Lérot a un régime omnivore à dominante carnivore/insectivore :
- Invertébrés (escargots, insectes, araignées).
- Fruits, baies, graines, noix et noisettes.
- Occasionnellement des œufs ou des oisillons dans les nids.
Reproduction
L’accouplement du Lérot se fait au sortir de l’hibernation en avril-mai.
La gestation dure environ 22 à 28 jours.
Le Lérot fait 1 à 2 portées par an, de 4 à 6 petits nus et aveugles qui ouvrent les yeux après 3 semaines et deviennent indépendants vers 1 mois.
Statut et menaces
À l’échelle mondiale, l’UICN Classe le Lérot comme Vulnérable (VU) et Quasi menacé (NT) au niveau européen.
Il est classé Préoccupation mineure (LC) au niveau national.
Les populations de Lérot ont certainement régressé ces dernières décennies sans que nous puissions mesurer l’ampleur de cette diminution. Actuellement, l’espèce est présente dans toute la région, mais faute d’informations suffisamment probantes concernant un déclin actuel, le Lérot est classé en catégorie Données insuffisantes (DD).
Le Lérot est inscrit sur la liste des espèces déterminantes ZNIEFF en Pays de la Loire.
- Sa présence dans un secteur (un boisement, un réseau de haies bocagères, un ensemble de vergers anciens) permet de justifier la création ou la délimitation d’une Zone Naturelle d’Intérêt Écologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF).
- Son statut d’espèce déterminante s’explique justement par sa vulnérabilité globale, la régression de ses habitats d’élection et la nécessité de préserver le maillage bocager traditionnel.
Menaces : Arasement du bocage et régression des vergers traditionnels, fermeture des cavités dans les bâtiments rénovés, empoisonnements secondaires (raticides/pesticides) et prédation par le chat domestique.
Protection : Espèce protégée sur l’ensemble du territoire national (arrêté du 23 avril 2007) et inscrite à l’annexe III de la Convention de Berne.
Au Pallet nous réintroduisons des lérots convalescents dans la nature après leurs soins au CVFSE. Ils sont relachés progressivement grâce à un taquet placé dans une haie.
Le saviez-vous ?
Le Lérot porte le surnom de « Zorro des vergers » en raison du bandeau de poils noirs qui barre son visage.
Comme certains lézards, il possède une queue capable d’autotomie partielle : si un prédateur l’attrape par la queue, la fourreau de peau peut glisser et se rompre pour lui permettre de s’échapper !
En vidéo
Crédits
- Image d’entête par Arno Laurent — Travail personnel, CC BY-SA 3.0
- Vidéo : YouTube, l’école des loisirs pour les enfants
- Description :
