Carpocoris mediterraneus (Tamanini, 1958)
Le nom de Genre Carpocoris dérive du grec karpos (fruit) et koris (punaise), soulignant son penchant pour les fruits et les graines.
L’épithète spécifique mediterraneus fait directement référence à son centre d’origine géographique et à sa forte présence autour du bassin méditerranéen.
Le nom de la sous-espèce atlanticus fait référence à sa présence marquée sur la façade atlantique de son aire de répartition.
Position taxonomique :
- Ordre : Hémiptères – Hemiptera (Linnaeus, 1758)
- Famille : Pentatomidés – Pentatomidae (Leach, 1815)
- Genre : Carpocores – Carpocoris (Kolenati, 1846)
Sous-espèces
Carpocoris mediterraneus mediterraneus : La forme nominale, principalement méditerranéenne (Europe du Sud, Asie mineure, Afrique du Nord). Elle se distingue par des angles pronotaux extrêmement aigus et effilés.
Carpocoris mediterraneus atlanticus : La forme occidentale et atlantique, présente notamment dans la majeure partie de la France, la péninsule Ibérique et jusqu’au Royaume-Uni. Ses « épaules » sont très développées et relevées, mais un peu moins effilées que chez la forme nominale.
Noms vernaculaires
- Punaise méditerranéenne
- Pentatome méridional
- Carpocore méditerranéen
- Punaise orange
Comment le reconnaître
- Longueur 11 à 14,5 mm
Les caractéristiques majeures de la Punaise méditerranéenne sont :
pronotum : Des angles huméraux (les « épaules ») très saillants, aigus, dirigés vers l’extérieur et l’arrière, soulignés d’une tache noire marquée. Les bords antéro-latéraux sont nettement concaves.
scutellum : Grand écusson présentant une nette encoche sur chaque bord latéral et souvent une tache claire ou orangée au sommet.
Coloration : Très variable, allant du jaune-orangé au rouge-brunâtre, parfois purpurin ou légèrement verdâtre. Le connexivum (bord de l’abdomen) est fortement alterné de bandes sombres et claires.
Pattes et antennes : Les pattes sont généralement rousses à orangé vif et les antennes sont sombres à noires.
Confusions
Le Genre Carpocoris comprend plusieurs espèces proches qui demandent une observation rigoureuse :
Carpocoris pudicus : Présente une encoche très marquée sur le scutellum, mais les angles de son pronotum sont beaucoup plus courts, ronds et peu saillants.
Carpocoris purpureipennis : Possède un pronotum aux bords latéraux droits ou légèrement convexes, avec des angles huméraux émoussés (jamais pointus).
Carpocoris fuscispinus : Proche visuellement par ses épaulettes, mais ses angles pronotaux sont orientés davantage vers l’avant, et ses bords antéro-latéraux sont plus droits que chez C. mediterraneus.
Description
Habitat
Très thermophile et héliophile, cette punaise recherche les endroits chauds et ensoleillés : prairies sèches, friches, bords de chemins, garrigues, maquis et zones de cultures ouvertes.
Répartition
La Punaise méditerranéenne couvre un vaste territoire comprenant l’ensemble du bassin méditerranéen, l’Europe occidentale et du Sud, l’Afrique du Nord ainsi que le Proche et Moyen-Orient.
En France, l’espèce est largement répandue (représentée quasi exclusivement par la sous-espèce atlanticus), du littoral méditerranéen jusqu’aux régions plus septentrionales à la faveur des microclimats chauds.
En Loire-Atlantique, elle y est considérée comme commune à très commune. C’est l’une des punaises de la Famille des Pentatomidae les plus fréquemment croisées durant la belle saison dans le département. 100 % des individus observés en Loire-Atlantique appartiennent à la sous-espèce Carpocoris mediterraneus atlanticus.
Alimentation et plantes hôtes
Les larves et les adultes de la Punaise méditerranéenne sont phytophages et polyphages. Elle s’alimente en suçant la sève des fleurs et des graines de diverses familles végétales :
- Apiacées (Carotte sauvage, Fennel, Panicaut).
- Astéracées (Chardons, Centaurées).
- Fabacées et parfois certaines céréales ou brassicacées.
Comportement
La Punaise méditerranéenne est diurne et active lors des journées ensoleillées, elle passe de longs moments au sommet des inflorescences pour se chauffer au soleil et permettre sa thermorégulation. En cas de menace, elle tend à s’agripper sous les fleurs, à se laisser tomber dans la végétation ou à sécréter un liquide odorant caractéristique pour dissuader les prédateurs.
Reproduction
Au printemps, après l’hibernation des adultes, les couples s’accouplent. La femelle dépose ses œufs sous forme de petites plaques géométriques sur la face inférieure des feuilles ou sur les tiges. Les jeunes nymphes franchissent 5 stades de développement. Selon la rigueur du climat, l’espèce produit une à deux générations par an. Les nouveaux adultes émergent à la fin de l’été avant d’entrer en diapause hivernale au pied de la végétation ou sous des débris.
Période de vol
Les adultes sont visibles d’avril à octobre, avec une présence maximale entre juin et août.
Statut et menaces
Classée en Préoccupation mineure (LC), Carpocoris mediterraneus est une espèce commune et non menacée à l’échelle globale. C’est également le cas pour la sous-espèce atlanticus en France et en Loire-Atlantique. Ses populations restent stables, bien qu’elles pâtissent localement de l’arasement des friches et de l’usage généralisé d’insecticides.
Le saviez-vous ?
Sous ses airs de punaise classique, Carpocoris mediterraneus atlanticus est une excellente « station météo » vivante : la teinte de sa carapace peut varier en intensité selon les conditions de température subies au cours du développement nymphal !
En vidéo
Crédits
- Photo d’entête : Balles2601 / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
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