Ulex europaeus (L., 1753)
Le nom de Genre Ulex provient du latin classique ulex, terme employé par Pline l’Ancien pour désigner un buisson épineux ou une plante similaire au genêt.
L’épithète spécifique europaeus signifie tout simplement « d’Europe », soulignant son aire d’origine continentale.
Position taxonomique :
- Ordre : Fabales – Fabales (Bromhead, 1838)
- Famille : Fabacées (ou Légumineuses) – Fabaceae (Lindl., 1836)
- Genre : Ajonc – Ulex (L., 1753)
Noms vernaculaires
- Ajonc d’Europe
- Grand Ajonc
- Genêt épineux
- Lande
- Vigne de loup
- Épine d’argent
Comment le reconnaître
Port : Arbuste très rameux, denses et érigé, mesurant généralement entre 1 et 2,5 mètres de hauteur.
Tiges et Rameaux : Rameaux d’un vert cendré, striés, très rigides et entièrement transformés en épines robustes et vulnérantes (très piquantes).
Feuilles : Les vraies feuilles foliolées n’apparaissent qu’au stade de jeune pousse ; chez la plante adulte, elles sont réduites à de petites écailles ou transformées en épines (phyllodes).
Fleurs : Fleurs de type papilionacé, longues de 15 à 20 mm, d’un jaune d’or éclatant. Le calice est très velu. Elles dégagent par temps ensoleillé un parfum caractéristique de noix de coco et de vanille.
Fruits : Petites gousses ovales de 15 mm environ, noires et très velues à maturité, contenant 4 à 6 graines brillantes.
Confusions
Ajonc nain (Ulex minor) : Beaucoup plus petit (rarement plus de 50 cm), à épines plus souples et à floraison principalement estivale et automnale.
Ajonc de Le Gall (Ulex gallii) : De taille intermédiaire (50 cm à 1 m), à épines étalées et arquées, florissant également en fin d’été/automne.
Genêt à balais (Cytisus scoparius) : Partage une floraison jaune similaire, mais ne possède aucune épine et présente des tiges vertes anguleuses et souples.
Description
Habitat
L’Ajonc d’Europe est une espèce acidiphile et héliophile. Il affectionne les landes atlantiques, les lisières forestières, les talus, les friches, les clairières et les bordures de chemins sur sols siliceux, pauvres ou décalcifiés.
Répartition
L’Ajonc d’Europe est originaire de la façade atlantique de l’Europe occidentale (de l’Espagne à la Grande-Bretagne et au Danemark).
France : Très commun dans l’Ouest et le Centre, plus localisé ou rare en zone méditerranéenne et en altitude.
Loire-Atlantique : Extrêmement fréquent sur l’ensemble du département, constituant l’un des éléments majeurs du paysage de bocage, de lande et de friche viticole comme sur notre commune du Pallet.
Utilisation
Usage traditionnel : Autrefois, l’ajonc était broyé dans des piliers à ajoncs pour servir de fourrage très nutritif pour le bétail. Il était également utilisé comme litière, comme combustible rapide pour les fours à pain, ou pour former des haies défensives impraticables.
Toxicité : Comme de nombreuses Fabacées, ses graines contiennent de la cytisine, un alcaloïde toxique à forte dose (provoquant troubles digestifs et nerveux en cas d’ingestion massive).
Une ressource pour la Faune locale
Plante mellifère : Offre une source précieuse de pollen et de nectar très tôt en saison (dès la fin de l’hiver), essentielle pour le réveil des reines de bourdons et des premières abeilles solitaires.
Refuge et nidification : Ses buissons denses et très épineux constituent un bastion de protection idéal contre les prédateurs pour de nombreux passereaux, notamment la Fauvette pitchou, la Linotte mélodieuse ou la Mésange à longue queue.
Hôte d’insectes : Nourrit les chenilles de divers papillons comme l’Argus vert (Callophrys rubi) et abrite de nombreuses espèces de punaises et d’homoptères spécialistes de l’ajonc (comme Gargara genistae).
Menaces
Statut de conservation : Classé en Préoccupation mineure (LC) sur la Liste rouge de la flore vasculaire de France et des Pays de la Loire. .
Menaces : L’Ajonc d’Europe est très commun et non menacé au niveau local. Ses principales menaces résiduelles sont la fermeture des milieux (boisement naturel) ou l’urbanisation et l’intensification agricole entrainant la destruction des haies bocagères.
Le saviez-vous ?
Les gousses de l’Ajonc d’Europe utilisent un mode de dispersion mécanique impressionnant appelé autochorie. Par une chaude journée d’été, lorsque les gousses mûres et sèches se déshydratent, la tension dans leurs valves augmente jusqu’à ce qu’elles éclatent brusquement dans un petit claquement audible ! La gousse projette alors ses graines à plusieurs mètres à la ronde.
En vidéo
Contributions
Crédits
Rédaction : Dominique Sécher.
Photos :
- Entête : Wikimedia commons par Bernard DUPONT from FRANCE, CC BY-SA 2.0
- Port : Krzysztof Ziarnek, Kenraiz — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
- Fleurs 1 et 2 : Dominicus Johannes Bergsma — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
- Feuilles 1 : Dapfnie — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
- Feuilles 2 : Salicyna — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
- Fruit : Krzysztof Golik — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Vidéo : Esprit Paisible
Principales sources d’informations :
- Wikipedia
- MNHN
