Carcharodus alceae (Esper, 1780)
Le nom de Genre Carcharodus vient du grec karcharias (« requin ») et odontos (« dent »), allusion probable à l’expression de dentelure acérée de la frange des ailes (selon Gérard Luquet).
Le nom d’espèce alceae vient du latin alcea ou du grec alkea (mauve, guimauve).
Position taxonomique :
- Famille : Hespériidés – Hesperiidae (Latreille, 1809)
- Sous Famille : Pyrginés – Pyrginae (Burmeister, 1878)
- Genre : Carcharodus (Hübner, 1819)
Noms vernaculaires :
- Hespérie de la Passe-rose
- Hespérie de l’Alcée
- Grisette
- Hespérie de la Guimauve
- Hespérie de la Mauve
Comment le reconnaître
L’adulte
Envergure : 26 à 34 mm
- Sur le dessus des ailes, le fond est brun avec des zones plus ou moins sombres, avec de petites taches nacrées. Sous le dessous des ailes postérieures, 3 rangées de taches claires mais pas d’un blanc pur.
L’oeuf
diamètre : 0,6 à 0,8 mm
En 1999, Sonderegger décrivait l’oeuf de l’Hespérie de l’Alcée ainsi : « l’oeuf hémisphérique est brun à brun-rouge avec des cannelures longitudinales peu marquées entrecoupées par cinq ou six nodules plus clairs. »
- Ce qu’on peut dire à partir des photos détaillées, c’est que cet oeuf ressemble à un petit dôme ou un minuscule oursin très élaboré. La surface est ornée de côtes verticales et transversales en relief formant un maillage très sculpté.
La Chenille
Longueur : jusqu’à 17 mm
La chenille est grise, plus ou moins foncée, à pilosité bien visible. La tête est noire ainsi que les pattes. Le premier segment thoracique est ponctué de trois taches jaune vif très cractéristiques.
La Chrysalide
Longueur : 12 à 15 mm
- La chrysalide est allongée et fusiforme, de couleur noire, mais presque entièrement recouverte d’une pruinosité blanchâtre.
Confusions
L’Hespérie de l’Alcée ressemble à Muschampia lavatherae, M. Floecifera et M. boeticus mais ces espèces ne sont pas présentes dans notre région.
Description
Habitat
L’Hespérie de l’Alcée se rencontre dans les prairie meso-halophiles, les pré-marais subhalophiles, les bermes de bords de routes et de chemins, les friches, les jardins et les jardins, rarement ou occasionnelement dans les dunes, les landes ou les forêts.
Répartition
L’Hespérie de l’Alcée est répartie sur l’Europe méridoonale et médiane, sur le Proche et Moyen-Orient, de l’Asie Mineure à l’Asie centrale jusqu’au nord de l’Inde et du Tien Chan.
Cette espèce reste répandue partout où ses plantes hôtes larvaires, les Mauves et Guimauves sont abondantes.
Comportement
- Vol : Vol rapide, bas et erratique au ras du sol.
- Posture : Au repos ou lors du bain de soleil, il s’étale à plat sur les pierres chaudes ou les feuilles, ailes totalement ouvertes.
- Territorialité : Les mâles pratiquent le hilltopping (patrouille au sommet des reliefs ou zones dégagées) pour trouver les femelles.
Plantes hôtes
Les plantes hôtes attestées des chenilles de l’Hespérie de l’Alcée sont toutes des malvacées. Nous pouvons citer Malva moschata, Malva sylvestris, M. neglecta, Althaea officinalis, A. cannabina, Alcea rosea et Lavatera arborea. La Mauve musquée est sa plante hôte principale en région bocagère.
Reproduction
Les œufs de l’Hespérie de l’Alcée, aplatis et finement sculptés en forme de petits dômes striés, sont pondus isolément sur le dessus ou le dessous des feuilles de Malvacées. La chenille se développe en construisant des cornets de feuilles cousues.
Période de vol
L’imago est bivoltin ou trivoltin de février à octobre, dans notre région plutôt d’avril à mi-septembre.
Statut et menaces
L’Hespérie de l’Alcée est classée en Préoccupation mineure (LC) aux niveaux national (France) et régional (Pays de la Loire).
Menaces : Il n’y a pas de menace particulière pour cette espèce qui bénéficie d’une certaine anthropisation des milieux et, vraisemblablement, du réchauffement climatique.
Le saviez-vous ?
L’Hespérie de l’Alcée est l’espèce la plus commune du Genre Carcharodus. C’est également celle qui tolère le mieux l’anthropisation des milieux.
La chenille de la Grisette est une véritable architecte textile ! Dès son éclosion, elle découpe un lambeau de feuille de mauve et le rabat sur elle-même en le fixant avec des fils de soie pour créer une petite logette individuelle. Au fur et à mesure de sa croissance, elle reconstruit des abris de plus en plus grands en cousant plusieurs feuilles ensemble, ne sortant de sa cachette que pour grignoter la plante aux alentours.
En vidéo
Crédits
- Rédaction : Philippe Favreau et Dominique Sécher
- Photo d’entête et chenille : par entomart via Wikimedia Commons
- Photo imago : Wikimedia Commons par Zeynel Cebeci – Own work, CC BY-SA 4.0
- Photo oeuf : Gilles San Martin from Namur, Belgium, CC BY-SA 2.0
- Vidéo : Youtube, Filming VarWild
- Sources et autres liens :
- Biohistoire des papillons
- Biohistoire des papillons, 2ème état des lieux
- Papillons de jour d’Europe occidentale
- Papillons de jour et Zygènes de France
- Guide Delachaux des chenilles d’Europe
- Lepinet
- wikipedia
- Les carnets nature de Jessica
