Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758)

Le nom de Genre Orthetrum vient du grec orthos (« droit ») et etron (« abdomen »), en référence à la forme droite et rectiligne de leur abdomen.

Le nom d’Espèce cancellatum vient du latin cancellatusréticulé », « en grille » ou « quadrillé »), évoquant les motifs noirs transversaux sur fond jaune bordant les segments abdominaux de la femelle mais aussi ceux plus fins sur fond bleu pruineux du mâle.

Position taxonomique :

  • Sous-Ordre : Anisoptères – Anisoptera (Selys, 1854)
  • Famille : Libellulidés – Libellulidae (Rambur, 1842)
  • Genre : Orthétrums – Orthetrum (Newman, 1833)

Noms vernaculaires :

  • Orthétrum réticulé
  • Orthètre réticulé.

Comment le reconnaître

Longueur totale : 44 à 50 mm
Envergure : 70 à 80 mm.

  • Mâle mature : Abdomen entièrement recouvert d’une pruinosité bleu ciel à bleu prune mate, terminée par des derniers segments (S8 à S10) entièrement noirs. Les yeux sont d’un gris-bleu foncé à vert sombre.

  • Femelle et jeune mâle : Abdomen d’un jaune vif à brun-jaunâtre, parcouru par deux épaisses bandes longitudinales et des bandes transversales noires à chaque segment, dessinant des motifs quadrillés (réticulés).

  • Détails des ailes : Ailes complètement hyalines (transparentes) sans tache sombre à la base, avec des pterostigmas très foncés à noirs.

Orthétrum réticulé mâle
Mâle
Orthétrum réticulé femelle
Femelle

Confusions

  • Libellule fauve (Libellula fulva) : Le mâle a également l’abdomen bleu, mais possède une tache noire bien visible à la base des ailes postérieures et des yeux bleus clairs.

  • Orthétrum brun (Orthetrum brunneum) : Plus petit, il présente une pruinosité bleue couvrant également son thorax et ses pièces buccales. Par contre, l’extrémité de l’abdomen n’est pas noire.

  • Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) : Abdomen plus étroit et pruinosité bleue plus uniforme, vivant davantage près des ruisseaux et eaux courantes.

Description

Habitat

L’Orthétrum réticulé affectionne les milieux aquatiques stagnants à faible courant : étangs, lacs, gravières, mares, rivières lentes et canaux. Il privilégie les berges ensoleillées, ouvertes, dénudées ou peu végétalisées (cailloux, terre nue, bois mort), où les mâles aiment se poser à même le sol.

Répartition

  • Europe : Très largement répandu dans toute l’Europe centrale et méridionale, s’étendant du sud de la Scandinavie jusqu’au bassin méditerranéen et en Asie.

  • France : Présent et très commun sur la quasi-totalité du territoire métropolitain.

  • Loire-Atlantique : Très abondant le long des plans d’eau, du canal de Nantes à Brest, des marais de la Brière et des bords de la Sèvre Nantaise, notamment autour de Le Pallet.

Comportement

Très territorial et agressif, le mâle Orthetrum cancellatum patrouille activement au-dessus de l’eau. Il se pose fréquemment directement sur le sol, les pierres plates ou les branches basses découvertes pour chauffer son corps au soleil.

Alimentation

  • Larves : Carnivores opportunistes chassant à l’affût dans la vase et la matière organique au fond de l’eau (larves d’insectes, vers, petits crustacés).

  • Adultes : Chasseurs aériens redoutables capturant en vol divers insectes (moustiques, mouches, petits papillons). L’espèce ne dépend pas de plantes hôtes spécifiques, mais utilise la végétation hélophyte (roseaux, iris) comme support d’émergence.

Reproduction

L’accouplement de l’Orthétrum réticulé se forme souvent en vol puis se poursuit posé dans la végétation. La femelle pond ensuite seule, survolant l’eau à faible hauteur et frappant régulièrement la surface avec l’extrémité de son abdomen pour y déposer ses œufs, sous la surveillance rapprochée du mâle.

Période de vol

Orthetrum cancellatum est visible principalement de mai à septembre, avec un pic d’activité marqué en juin et juillet.

Statut et menaces

L’Orthétrum réticulé est classé Préoccupation mineure (LC) aux niveaux mondial, national (France) et régional (Pays de la Loire).

Menaces : Espèce très adaptable et non menacée. Toutefois, la destruction des zones humides, l’assèchement précoce des mares et la pollution chimique des eaux restent des facteurs de vulnérabilité pour ses larves.

Le saviez-vous ?

Pour séduire et maintenir son territoire, le mâle Orthetrum cancellatum s’approprie les meilleures « plages » de terre nue. En vieillissant, les mâles perdent une partie de leur pruinosité bleue suite aux affrontements répétés avec d’autres mâles et lors des accouplements, laissant réapparaître le fond sombre de leur squelette externe !

En vidéo

Contributions

Dominique Sécher. Photos prises au Pallet.

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