Pulicaria dysenterica (L.) Bernh., 1800
Le nom de Genre Pulicaria dérive du latin pulex, qui signifie « puce ». Cette dénomination fait référence à l’usage traditionnel de la plante desséchée ou brûlée comme répulsif naturel contre les puces et autres insectes piqueurs.
L’épithète spécifique dysenterica provient du grec dysenteria (trouble intestinal), rappelant son ancienne utilisation en médecine populaire pour traiter la dysenterie et les diarrhées infectieuses.
Position taxonomique :
- Ordre : Astérales – Asterales (Lindl., 1833)
- Famille : Astéracées – Asteraceae (Bercht. & J.Presl, 1820)
- Genre : Pulicaire – Pulicaria (Gaertn., 1791)
Noms vernaculaires
- Pulicaire dysentérique
- Herbe aux puces
- Inule des prés
- Inule dysentérique
- Herbe Saint-Roch
Comment la reconnaître
La Pulicaire dysentérique est une plante vivace herbacée mesurant généralement entre 30 et 80 cm de hauteur.
Tige : Rameuse, dressée, à poils cotonneux ou velus, souvent teintée de rougeâtre à la base.
Feuilles : Vert grisâtre, pubescentes et ridées en surface. Les feuilles caulinaire sont embrassantes (elles entourent la tige par deux oreillettes arrondies à leur base), lancéolées à bord ondulé ou légèrement denté.
Fleurs : Réunies en capitules jaunâtres de 1,5 à 2,5 cm de diamètre. Le capitule présente un cœur sombre composé de fleuron tubulés et une couronne périphérique de fleurons ligulés très étroits et rayonnants.
Odeur : La plante dégage une odeur aromatique forte, légèrement résineuse et amère lorsqu’on froisse son feuillage.
Confusions
On peut confondre la Pulicaire dysentérique avec d’autres Astéracées jaunes fêtant la fin de l’été :
La Pulicaire vulgaire (Pulicaria vulgaris) : Plus petite, annuelle, aux Ligules très courtes dépassant à peine du capitule.
L’Inule conyze (Inula conyzae) : Ses capitules ne possèdent pratiquement pas de Ligules rayonnantes étalées.
L’Inule britannique (Inula britannica) : Ses feuilles ne sont pas aussi embrassantes à la base et ses Ligules sont plus longues.
Description
Habitat
La Pulicaire dysentérique affectionne les milieux humides à détrempés, modérément riches en nutriments : bords de fossés, prairiales humides, marnières, berges de cours d’eau, ballastières et dépressions marécageuses. Elle supporte très bien les sols argileux et compacts.
Répartition
Europe : Largement répandue dans le centre et le sud de l’Europe, s’étendant jusqu’en Afrique du Nord et en Asie occidentale.
France : Présente sur la presque totalité du territoire métropolitain à basse et moyenne altitude.
Loire-Atlantique : Très commune dans tout le département, notamment le long du réseau hydrographique de la Sèvre Nantaise, de la Sanguèze et des prairies humides des bassins versants locaux.
Utilisation
Historiquement, les sommités fleuries de Pulicaire dysentérique étaient séchées pour fabriquer des poudres fumigènes répulsives contre les puces et punaises de lit. En médecine populaire, les décoctions de racines ou de feuilles étaient utilisées pour leurs propriétés astringentes contre les affections intestinales.
Elle n’est pas considérée comme toxique aux doses usuelles, mais n’est plus usitée en pharmacopée moderne.
Une ressource pour la Faune locale
La Pulicaire dysentérique est une plante mellifère majeure de la fin d’été et du début de l’automne. Sa floraison tardive (juillet à octobre) fournit du nectar et du pollen d’accès facile à un moment où les ressources florales deviennent rares. Elle attire une multitude d’insectes : syrphes, abeilles sauvages, bourdons, ainsi que les derniers papillons de la saison (le Vulcain (Vanessa atalanta), le Paon du jour (Aglais io). Ses graines hivernales (akènes à aigrettes) constituent également une ressource alimentaire précieuse pour les petits passereaux granivores comme le Chardonneret élégant.
Statut et menaces
Statut : La Pulicaire dysentérique est classée en « Préoccupation mineure » (LC) sur les listes rouges de France et des Pays de la Loire.
Menaces : Bien que commune, elle souffre localement du drainage des zones humides, du calibrage des fossés et de l’étalement des gyrobroyages précoces le long des chemins ruraux avant la fin de sa floraison.
Le saviez-vous ?
Son appellation d’« Herbe Saint-Roch » provient d’une légende médiévale selon laquelle Saint Roch, patron des pestiférés et des épidémies, aurait utilisé cette plante lors de ses pèlerinages pour soulager les dysenteries et fièvres qui ravageaient les populations.
En vidéo
Crédits
Rédaction : Dominique Sécher.
Photos :
- Entête : Dominique Sécher
- Port : Laurent Petit [CC BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
- Fleur et feuille : Dominique Sécher
- Fruit : Jean-Claude Echardour [CC BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
- Fleur 2 et Tige : Liliane Roubaudi [CC BY-SA 2.0 FR], via Tela Botanica
Vidéo : La Sauvageonne et les plantes sauvages comestibles
Principales sources d’informations :
